Politique
Relations franco-camerounaises : l’ambassadeur de France explique le silence après l’élection présidentielle de 2025
Sylvain Riquier, ambassadeur de France au Cameroun, s’est exprimé sur les ondes d’une émission camerounaise ce dimanche 19 juillet 2026.
Un changement de pratique diplomatique
Depuis plusieurs années, la France avait pour habitude d’adresser des lettres de félicitations à l’issue des scrutins présidentiels au Cameroun. En 2018, cette tradition avait été respectée sans délai après la proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel. Cependant, lors de l’élection présidentielle d’octobre 2025, une rupture notable s’est produite : l’Élysée a choisi de ne pas féliciter immédiatement les autorités camerounaises.
Les explications de l’ambassadeur français
Invité de l’émission La Vérité en face diffusée ce 19 juillet 2026, Sylvain Riquier, ambassadeur de France au Cameroun, a apporté des éclaircissements sur cette décision. Arrivé quelques jours avant le scrutin du 12 octobre 2025, il a adopté une posture mesurée face aux interrogations des médias.
Yaoundé et Paris : une relation stratégique malgré tout
Face à la question d’un éventuel refroidissement des relations entre les deux capitales, l’ambassadeur a nuancé : « Je ne crois pas avoir vu de lettre publique. Vous l’auriez vue également. » Cette réponse laconique soulève des interrogations sur les motivations de Paris. Pourtant, Sylvain Riquier a rapidement recentré le débat sur l’essentiel : la solidité des liens franco-camerounais.
« Il n’y a pas eu de lettre publique à ce moment-là. Voilà. Nous avons constaté que l’élection a eu lieu voilà. Je pense que cela ne nous empêche pas d’avoir des relations avec les autorités, notamment une coopération continue. Je suis là, j’ai un homologue camerounais à Paris », a-t-il déclaré.
Coopération et échanges diplomatiques maintenus
L’ambassadeur a tenu à rappeler que l’absence de félicitations publiques n’était pas synonyme de rupture. « Il y a cette coopération entre les deux États. Il n’y a pas de point de vue de doute. S’il n’y a pas eu de lettre, cela n’empêche pas qu’il y ait des relations normales entre nos deux États, entre les deux gouvernements et les deux présidents », a-t-il précisé.
Il a également souligné l’importance des échanges bilatéraux, même en dehors des périodes électorales : « La coopération continue, il y a eu des échanges de lettres à l’occasion de nos fêtes nationales respectives. » Une manière de rappeler que les liens entre Yaoundé et Paris restent solides, malgré les apparences.