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RDC : le dialogue national doit rester un cadre de concertation, pas une institution parallèle

Kinshasa, 2 octobre 2026 – Le dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi doit être un mécanisme politique de concertation et de pacification. Un avocat au barreau de Paris l’a clairement affirmé : il ne doit en aucun cas devenir une institution parallèle.

Un rôle strictement consultatif

« Le dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi doit être conçu comme un mécanisme politique de concertation et de pacification, non comme une institution parallèle. Il peut permettre de rechercher des compromis sur la paix, la cohésion nationale, les réformes institutionnelles et le fonctionnement de l’État. En revanche, il ne doit devenir ni un Parlement bis, ni un Gouvernement parallèle, ni une juridiction politique, ni une assemblée constituante de fait », a déclaré Me Ben Touere, avocat au barreau de Paris.

Des conclusions sans effet juridique immédiat

Selon ce docteur en droit public et enseignant à l’université de Sorbonne Paris Nord, les éventuelles conclusions politiques issues du dialogue ne « pourraient produire d’effets juridiques durables qu’après leur traduction par les institutions constitutionnellement compétentes ».

Une répartition claire des compétences

« Une réforme législative doit passer par le Parlement ; une politique publique relève du Gouvernement ; une question de constitutionnalité relève de la Cour constitutionnelle ; et une question réservée à la décision directe du peuple doit être soumise à celui-ci dans les formes prévues par le droit », a-t-il expliqué. Le schéma proposé repose ainsi sur une succession entre dialogue, consensus, intervention des institutions compétentes, contrôle constitutionnel et, lorsque cela est requis ou juridiquement retenu, consultation populaire.

La souveraineté nationale, un principe constitutionnel

D’après Me Elenga, l’analyse rappelle, à cet égard, que l’article 5 de la Constitution consacre le principe selon lequel la souveraineté nationale appartient au peuple, qui l’exerce directement par voie d’élections ou de référendum et indirectement par ses représentants.

« Ni la majorité, ni l’opposition, ni les participants à un dialogue ne peuvent donc s’attribuer la souveraineté nationale », a-t-il souligné. Cette démarche doit, en définitive, viser à réformer et à consolider l’État à travers le dialogue, plutôt qu’à créer des mécanismes susceptibles d’en affaiblir ou d’en partager les prérogatives, conclut l’analyse.