30 juin 2026
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Les autorités congolaises ont décidé d’interdire tout rassemblement de masse à Kinshasa et dans trois autres provinces. L’objectif affiché est de limiter la propagation de l’épidémie d’Ebola, alors qu’une grande marche de l’opposition est programmée le mercredi 8 juillet dans la capitale.

Cette 17e épidémie d’Ebola, déclarée le 15 mai dernier, a déjà causé officiellement 360 décès sur 1 274 cas recensés. Si le nord-est du pays reste l’épicentre de la crise, aucun cas de transmission n’a été enregistré à Kinshasa, une mégapole qui compte plus de 17 millions d’habitants.

Dans un courrier daté du samedi 27 juin, le ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani demande aux responsables locaux d’interdire les « attroupements de masse » afin d’« éviter toute contamination de l’épidémie à virus Ebola ». Le texte ne précise pas si la manifestation de l’opposition est directement ciblée par cette mesure.

Une décision dans un climat politique tendu

Cette interdiction survient alors que les tensions politiques s’accentuent autour d’un projet de loi organisant un référendum sur une révision de la Constitution. L’opposition estime que cette réforme pourrait permettre au président Félix Tshisekedi, au pouvoir depuis 2019, de briguer un troisième mandat, alors que la Constitution actuelle limite le chef de l’État à deux mandats.

Adopté mi-juin par un Parlement largement dominé par la majorité présidentielle, le texte attend désormais une éventuelle promulgation par le président.

Le 12 juin, un précédent rassemblement de l’opposition, qui dénonçait un « coup d’État constitutionnel », avait été violemment dispersé à Kinshasa. Des affrontements entre manifestants, militants pro-gouvernementaux et forces de l’ordre avaient fait plusieurs blessés. Les Nations unies avaient alors signalé la mort d’« au moins un manifestant ».

Malgré ces restrictions, l’opposition maintient son appel à manifester le 8 juillet pour réclamer la démission de Félix Tshisekedi. Lundi, le ministre Shabani a qualifié cet appel d’« acte de haute trahison ».