9 juin 2026
68bac073-24ae-470b-aab9-ee25066b6454

rapport choc sur l’exécution des décisions du gouvernement congolais en 2025 : seulement un quart des promesses transformées en actes

Un constat alarmant émerge de l’analyse des décisions gouvernementales prises en République démocratique du Congo (RDC) entre avril et décembre 2025. Selon un rapport de monitoring rendu public ce 2 juin 2026, à peine 25 % des engagements ont été concrétisés. Ce document, élaboré par un collectif d’organisations de la société civile en collaboration avec le Cepas, révèle des faiblesses structurelles dans la mise en œuvre des politiques publiques.

L’indice d’exécution élargi s’élève à 47/100, un score qui reflète, d’une part, une volonté politique affirmée et, d’autre part, un déficit criant entre les intentions et leur application réelle. Sur les 70 décisions majeures passées en revue, 25 % ont été pleinement exécutées, 45 % partiellement, tandis que 30 % restent non documentées faute d’informations disponibles.

des réformes bloquées dans les secteurs clés

Les politiques analysées couvrent des domaines cruciaux :

  • Sécurité et stabilité institutionnelle : des mesures attendues pour renforcer la gouvernance.
  • Gouvernance économique et financière : des réformes structurelles indispensables pour relancer l’économie.
  • Gestion des ressources naturelles : un enjeu majeur pour le développement durable.
  • Réformes institutionnelles : des promesses de modernisation administrative.
  • Diplomatie stratégique : des orientations pour positionner la RDC sur la scène internationale.
  • Politiques sociales : des engagements pour améliorer le quotidien des Congolais.

Le rapport souligne une inadéquation flagrante entre les décisions stratégiques — notamment celles liées aux réformes institutionnelles, économiques ou sociales — et leur taux d’exécution. À l’inverse, les mesures conjoncturelles ou sécuritaires progressent plus rapidement.

« Les réformes les plus ambitieuses, comme celles touchant aux institutions ou à l’économie, sont systématiquement freinées, tandis que les actions immédiates, comme les mesures sécuritaires, trouvent un terrain plus favorable », explique Christian Moleka, membre du collectif responsable du monitoring.

une plateforme numérique pour traquer les promesses non tenues

Face à ce constat, une solution innovante a été présentée : la plateforme « Jua 243 ». Cet outil numérique permet un suivi en temps réel de l’action gouvernementale, offrant aux citoyens et aux partenaires un accès transparent aux progrès réalisés. Une avancée majeure pour renforcer la redevabilité des autorités.

Le père Alain Nzadi, directeur du Cepas, précise l’objectif de cette initiative :

« Nous ne cherchons ni à juger, ni à sanctionner, ni à célébrer. Notre rôle est d’éclairer les décideurs, les partenaires et les citoyens sur les dynamiques de mise en œuvre des politiques publiques. »

Il insiste sur la nécessité d’une redevabilité constructive, où chaque décision publique doit pouvoir être évaluée, suivie et appréciée en fonction de ses résultats concrets.

vers une gouvernance plus transparente ?

Ce rapport s’inscrit dans une démarche de transparence accrue. En fournissant des éléments d’analyse aux acteurs politiques et à la société civile, il vise à réduire l’écart entre les promesses et les réalisations.

Les organisations signataires appellent à une mobilisation collective pour que les engagements pris deviennent des actions tangibles, au bénéfice de la population congolaise.