8 septembre 2026
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Le Sénégal s’apprête à vivre une étape judiciaire majeure avec l’ouverture, le 22 juillet, du procès d’Aïssatou Sophie Gladima, ancienne ministre des Mines et de la Géologie sous la présidence de Macky Sall. Placée sous mandat de dépôt depuis plusieurs mois, elle devra répondre de ses actes devant la Haute Cour de Justice, une juridiction d’exception réservée aux membres du gouvernement poursuivis pour des faits liés à leurs fonctions. Ce procès s’inscrit dans une volonté affichée de transparence et de reddition des comptes portée par les nouvelles autorités dakaroises.

Une instance judiciaire d’exception au cœur du débat

La Haute Cour de Justice du Sénégal occupe une place unique dans le paysage institutionnel du pays. Composée de députés élus par leurs pairs, elle est la seule compétente pour juger les ministres accusés de crimes ou de délits commis dans l’exercice de leurs missions. Son activation reste exceptionnelle : depuis l’indépendance, seuls quelques dossiers y ont abouti, ce qui donne à chaque affaire une dimension à la fois juridique et politique.

L’affaire Gladima s’inscrit dans cette lignée. Son dossier, transmis par l’Assemblée nationale après un vote autorisant sa mise en accusation, a suivi une instruction rigoureuse avant d’être renvoyé devant cette juridiction. Les débats, qui s’annoncent suivis avec attention, pourraient avoir des répercussions sur le secteur extractif, un pilier de l’économie sénégalaise.

Une politique de transparence sous le feu des projecteurs

Depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et d’Ousmane Sonko en 2024, la lutte contre les détournements présumés est devenue une priorité. Plusieurs anciens ministres, directeurs généraux et cadres de l’administration Sall ont été placés en garde à vue, auditionnés ou incarcérés. Le procès de Sophie Gladima s’inscrit dans cette dynamique, aux côtés d’autres dossiers instruits par le pôle judiciaire financier ou la Haute Cour, selon le statut des personnes mises en cause.

L’ancienne ministre a dirigé le ministère des Mines et de la Géologie entre 2019 et 2022, une période marquée par la structuration de la filière aurifère et les premiers pas de l’exploitation des hydrocarbures. Les investigations porteraient sur la gestion de fonds publics et les décisions administratives prises durant son mandat. Pour l’heure, la présomption d’innocence s’applique, et la défense n’a pas encore dévoilé sa stratégie.

Un message à l’attention des investisseurs et des partenaires

Au-delà de la personnalité d’Aïssatou Sophie Gladima, ce procès envoie un signal fort aux acteurs économiques présents au Sénégal. Le secteur minier, traditionnellement centré sur l’or de Kédougou, les phosphates de Thiès et le zircon de la Grande Côte, connaît une phase d’expansion avec l’arrivée de nouveaux investisseurs et le développement des hydrocarbures offshore. Les opérateurs surveilleront la manière dont la justice sénégalaise traite les décisions administratives passées, notamment les octrois de permis et les avenants contractuels signés durant la législature précédente.

Pour le gouvernement actuel, l’enjeu est double : prouver la solidité des dossiers sans alimenter les accusations de justice sélective. Alors que certains dénoncent une instrumentalisation des procédures à des fins politiques, la coalition au pouvoir défend une exigence de transparence réclamée par les citoyens. Le 22 juillet, la Haute Cour de Justice deviendra le cadre de ce débat, avec des audiences qui pourraient capter l’attention des diplomates et des institutions financières.

Plusieurs questions restent en suspens : le format des débats, la liste des témoins convoqués et le calendrier prévisionnel du délibéré. Autant d’éléments qui détermineront l’impact réel de ce procès sur la jurisprudence sénégalaise en matière de responsabilité des membres du gouvernement.