7 septembre 2026
CAMEROON-54TH NATIONAL DAY-CELEBRATIONS

(260520) -- YAOUNDE, May 20, 2026 (Xinhua) -- Cameroonian President Paul Biya (3rd R) watch a civilian parade during the National Day celebrations in Yaounde, Cameroon, on May 20, 2026. Cameroon on Wednesday marked the 54th anniversary of its National Day with military and civilian parades held across the country. (Xinhua/Kepseu)

Président camerounais Paul Biya : un pouvoir à distance depuis la suisse

Depuis le 7 juin dernier, le Cameroun semble fonctionner sous une gouvernance inédite. Le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, est en effet en Suisse pour une durée prolongée, dépassant désormais les soixante-cinq jours d’absence. Une situation qui interroge, d’autant que les autorités camerounaises évoquent une simple convalescence.

Genève, où il séjourne, devient malgré lui le centre névralgique d’un pouvoir qui peine à se justifier. Faute de nouvelles concrètes sur son état de santé, les rumeurs les plus diverses circulent dans le pays. Certains citoyens s’interrogent même sur la capacité du chef de l’État à diriger le Cameroun à distance.

Un silence qui nourrit les interrogations

Le gouvernement camerounais multiplie les assurances quant à la bonne santé du président. Pourtant, l’absence prolongée de Paul Biya alimente les critiques de l’opposition et les spéculations sur une éventuelle vacance du pouvoir. Les décrets signés à distance, bien que techniques, ne suffisent pas à apaiser les doutes persistants.

Dans les rues de Yaoundé et de Douala, les discussions vont bon train. Certains y voient une simple mesure de précaution, d’autres suspectent un affaiblissement du régime. Les réseaux sociaux amplifient ces questionnements, transformant l’absence du président en un sujet de débat national.

Quelle gestion du pays à distance ?

Malgré les assurances officielles, la gestion quotidienne du Cameroun semble s’effectuer depuis Genève. Les décisions prises en Suisse soulèvent des interrogations sur la continuité administrative et politique. Comment assurer une gouvernance efficace lorsque le président est à plus de 5 000 kilomètres de ses institutions ?

Les opposants au régime en profitent pour critiquer ouvertement le système en place. Ils dénoncent un manque de transparence et appellent à une clarification sur la santé du chef de l’État. La question de la succession, bien que taboue, plane désormais dans tous les esprits.

Les réactions dans les rangs du pouvoir

Au sein même du gouvernement, les avis divergent. Certains ministres minimisent les inquiétudes, tandis que d’autres reconnaissent discrètement les défis posés par cette gouvernance à distance. Les services de communication de l’État tentent de rassurer, mais les preuves tangibles d’une activité présidentielle normale font défaut.

Dans ce contexte, le silence officiel devient aussi parlant que les rares déclarations. Le Cameroun, habitué à une présidence forte et omniprésente, doit désormais composer avec une réalité inédite : un pouvoir exercé depuis l’étranger.