7 septembre 2026
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Paul Biya, 93 ans, absent depuis deux mois : un vide politique qui alimente les rumeurs

Depuis le 7 juin, le Cameroun est privé de la présence physique de son président, Paul Biya, 93 ans. Loin des regards médiatiques, le chef de l’État camerounais n’a livré aucune information officielle sur son lieu de séjour ou son agenda. Cette absence prolongée, initialement présentée comme un « court séjour privé en Europe », suscite désormais des interrogations croissantes sur son état de santé et ses conséquences pour le pays.

Portrait officiel de Paul Biya, président du Cameroun

Des nominations militaires qui soulèvent des questions

Le 3 août dernier, plusieurs officiers généraux ont été promus à des postes stratégiques au sein de l’armée camerounaise. Parmi eux, le général Raymond Jean Charles Beko’o Abondo a été nommé à la tête de la garde présidentielle, une première dans l’histoire récente du Cameroun. Ces changements interviennent alors que le président Biya est absent du territoire national depuis près de deux mois.

Pour Jean-Bruno Tagne, journaliste et co-directeur de la web-TV Naja, ces nominations ne sont pas anodines. « Aucun communiqué officiel n’a été publié pour expliquer ces décisions, mais beaucoup y voient une manœuvre visant à préparer une transition politique ». Selon lui, ces ajustements pourraient s’inscrire dans une logique de verrouillage sécuritaire avant la désignation d’un vice-président, une fonction créée par la récente réforme constitutionnelle.

Le vice-président, un poste au cœur des tensions

La réforme constitutionnelle de 2026 a instauré la fonction de vice-président, chargé d’assurer la succession du président en cas d’empêchement. Une innovation institutionnelle qui suscite des critiques au Cameroun. « Si un président non élu par le peuple venait à diriger le pays, cela pourrait créer des tensions majeures », analyse Jean-Bruno Tagne. Pour lui, les autorités tentent peut-être de consolider le dispositif sécuritaire avant l’officialisation de cette nomination.

Le journaliste souligne : « Les Camerounais n’ont jamais été pleinement convaincus par l’idée d’un vice-président. Peut-être est-ce pour cette raison que des mesures sont prises pour sécuriser le pouvoir avant sa désignation ».

Une absence prolongée qui nourrit les spéculations

À 93 ans, Paul Biya est l’un des dirigeants les plus âgés du continent africain. Son absence depuis juin alimente les rumeurs les plus diverses. « Beaucoup se demandent s’il est en bonne santé, où il se trouve exactement, et même s’il est toujours en vie », confie Jean-Bruno Tagne. Malgré les affirmations du gouvernement camerounais selon lesquelles l’état de santé du président ne s’est pas dégradé, les doutes persistent.

Le journaliste ajoute que la Constitution camerounaise ne fixe aucune limite de durée pour un séjour présidentiel à l’étranger. « Le président peut rester six mois hors du Cameroun sans que cela ne pose de problème juridique ». Cette absence de cadre légal précis contribue à alimenter l’incertitude autour de la situation réelle du chef de l’État.

Une transition politique qui s’annonce délicate

Jean-Bruno Tagne, qui s’exprime en tant qu’analyste indépendant, avance une hypothèse personnelle : « Je suis convaincu que le président Biya ne se porte pas très bien. Des informations non officielles évoquent une intervention chirurgicale suivie d’une longue rééducation ». Pour lui, cette situation met en lumière les faiblesses du système institutionnel camerounais.

Alors que l’absence du président se prolonge et que des ajustements sécuritaires sont opérés, les Camerounais restent dans l’expectative. La question de la succession à la tête de l’État devrait continuer de dominer le débat politique dans les semaines à venir.