Un accord historique aux répercussions immédiates sur les économies africaines et moyen-orientales
Le Bénin et les Émirats arabes unis franchissent une étape décisive en officialisant leur Accord de Partenariat Économique Global (CEPA), conclu lors d’une visite officielle à Abou Dabi. Ce traité, bien plus qu’un simple texte diplomatique, engendre des conséquences tangibles pour les citoyens, les entreprises locales et les deux nations. En supprimant les barrières douanières et en dynamisant les échanges, cet accord redessine les flux commerciaux entre l’Afrique de l’Ouest et le Golfe persique, avec des impacts directs sur les prix des produits, les opportunités d’emploi et la compétitivité des secteurs clés.
Les mesures clés de l’accord : ce que changent réellement les exonérations douanières
Cet accord, bien plus qu’une simple réduction des droits de douane, s’articule autour de mesures concrètes qui transformeront les échanges commerciaux dès son entrée en vigueur. Voici les principaux leviers actionnés :
- Libéralisation des échanges de marchandises : Les droits de douane sur une large gamme de produits – des denrées agricoles aux biens manufacturés – seront progressivement éliminés, facilitant l’accès des produits béninois (coton, ananas, produits halieutiques) aux marchés émiratis, et inversement (pétrochimie, technologies, équipements médicaux). Une aubaine pour les agriculteurs et artisans du Bénin, désormais en mesure de conquérir un marché solvable de plus de 10 millions de consommateurs.
- Ouverture des secteurs des services et du numérique : Les entreprises des deux pays bénéficieront d’un accès privilégié aux marchés des services financiers, des télécommunications et du cloud computing. Les prestataires béninois pourront ainsi exporter leurs compétences en gestion digitale, tandis que les Émiratis renforceront leur présence dans un secteur en plein essor en Afrique de l’Ouest.
- Coopérations sectorielles ciblées : L’accord intègre des protocoles dédiés aux énergies renouvelables (solaire, biomasse), à l’agro-industrie (transformation des produits locaux) et à la sécurité alimentaire (import/export de céréales). Ces axes visent à sécuriser les approvisionnements tout en créant des emplois locaux.
Un exemple concret : l’impact sur le prix des denrées alimentaires
La suppression des droits de douane sur les importations de riz, de blé et d’huile végétale depuis les Émirats – où ces produits sont produits à moindre coût grâce à des technologies de pointe – pourrait faire baisser les prix de 15 à 20 % sur les marchés béninois. Une économie immédiate pour les ménages, surtout en période de tension inflationniste.
La croissance exponentielle des échanges : un phénomène qui impose un cadre juridique
Cet accord ne tombe pas du ciel : il consacre une réalité économique déjà explosive. Les échanges non pétroliers entre les deux pays ont bondi de 65 % en cinq ans, passant de 1,01 milliard de dollars en 2021 à 2,15 milliards en 2025. Au premier semestre 2026, les échanges ont déjà atteint 1,29 milliard de dollars, soit une hausse de 37,4 % par rapport à 2025. Sans ce traité, cette croissance aurait risqué de s’essouffler sous le poids des barrières administratives et des incertitudes juridiques.
Pour les entreprises, cette formalisation représente une sécurité indispensable : les contrats d’export/import, les investissements croisés et les partenariats industriels gagnent en visibilité. Pour les gouvernements, c’est l’occasion de stabiliser les recettes fiscales grâce à une fiscalité commerciale plus transparente.
Ce que l’accord change pour les citoyens : emplois, pouvoir d’achat et accès aux services
L’impact de ce partenariat ne se limite pas aux chiffres macroéconomiques. Pour les populations, les conséquences sont immédiates et multiples :
- Création d’emplois : Les secteurs agricoles (ananas, manioc), manufacturiers (textile, transformation agroalimentaire) et des services (tourisme, logistique) verront une hausse des recrutements, notamment pour les jeunes et les femmes. Le Port Autonome de Cotonou – déjà en pleine modernisation – pourrait générer jusqu’à 5 000 emplois directs d’ici 2028.
- Baisse des prix à la consommation : Grâce à l’afflux de produits moins chers (électroménager, véhicules d’occasion, médicaments génériques), le pouvoir d’achat des ménages pourrait progresser de 8 à 12 % sur certains produits.
- Amélioration des services publics : Les recettes supplémentaires générées par les échanges permettront aux deux États de renforcer les infrastructures sociales (hôpitaux, écoles, routes), notamment au Bénin où les besoins en développement sont criants.
Un levier pour l’Afrique de l’Ouest et le Golfe
Ce CEPA n’est pas un simple traité bilatéral : il s’inscrit dans une stratégie régionale plus large. Pour le Bénin, il consolide sa position de hub logistique entre l’Afrique de l’Ouest et les Émirats, attirant des investissements dans la Zone Économique Spéciale de Glo-Djigbé. Pour les Émirats, c’est une opportunité de diversifier leurs approvisionnements (coton, cacao, noix de cajou) et de sécuriser des partenariats industriels durables en Afrique.
Prochaine étape : la ratification, un processus sous haute tension
Signé dans l’enthousiasme, le CEPA doit désormais franchir l’étape cruciale de la ratification. Les parlements du Bénin et des Émirats arabes unis ont la lourde tâche d’examiner chaque article pour en garantir la conformité avec leurs législations nationales. Si les délais ne sont pas encore fixés, les délégations commerciales des deux pays misent sur une entrée en vigueur d’ici fin 2026.
Une fois ratifié, l’accord activera pleinement ses mécanismes d’exonération douanière et ses dispositifs d’incitation à l’investissement. Les entreprises des deux nations pourront alors profiter pleinement des opportunités, mais devront aussi se préparer à une concurrence accrue sur leurs marchés respectifs.
Une chose est sûre : ce partenariat marque un tournant dans les relations économiques Afrique-Golfe, avec des conséquences qui dépasseront largement le cadre du Bénin et des Émirats.





