9 juin 2026
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Lors d’un Conseil interministériel tenu à Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a dressé un bilan accablant de la gestion des infrastructures et des actifs publics sous l’ère précédente. Face aux membres de son gouvernement, il a exprimé une colère palpable devant l’ampleur des irrégularités constatées.

Ousmane Sonko lors d'un conseil interministériel

Un audit gouvernemental a révélé que 245 projets d’infrastructures et actifs stratégiques sont actuellement bloqués, inachevés ou sous-exploités. Le coût total de ces dysfonctionnements atteindrait plus de 5 000 milliards de FCFA, soit l’équivalent du budget annuel de l’État. « Ces chiffres dépassent l’entendement », a-t-il commenté, avant d’ajouter : « Certains évoquent même un montant équivalent à notre dette publique… c’est du pur gaspillage. »

Des chantiers à l’arrêt et des budgets engloutis

Parmi les 94 projets en cours, 62 sont totalement à l’arrêt, représentant un investissement de 5 227 milliards de FCFA. Le cas du lycée de Sandiara illustre particulièrement ces retards : lancé en 2014, il reste inachevé après douze ans de travaux. « Douze ans pour construire un lycée ? C’est une aberration ! », s’est indigné le chef du gouvernement.

Une justice accusée de complaisance

Ousmane Sonko a également pointé du doigt le système judiciaire, qu’il accuse de protéger les responsables présumés de détournements et de bloquer les procédures. « Parfois, je me demande si ça vaut vraiment la peine de continuer », a-t-il déclaré. « Dans ce pays, on peut tout se permettre et être protégé. Le système est toujours en place. »

Il a évoqué des pratiques de sabotage judiciaire impliquant certains magistrats et a rappelé que les dossiers appartiennent au peuple, et non aux juges. « Je vais hausser le ton dans les semaines à venir », a-t-il menacé, sans préciser les mesures envisagées.