1 juillet 2026
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Le Bénin franchit une étape historique dans son combat contre le paludisme. Le gouvernement a lancé, ce mardi 30 juin 2026, un programme d’envergure nationale s’appuyant sur l’intelligence artificielle et des drones de pulvérisation. Cette initiative vise à détruire les gîtes larvaires avec une précision chirurgicale dans six zones pilotes du pays.

Ce projet, intitulé « Action intégrée pour la prévention du paludisme : partenariat public-privé et engagement local des jeunes au Bénin », marque une rupture avec les méthodes traditionnelles. En présence des autorités nationales et des partenaires internationaux, le Ministre de la santé, le Professeur Benjamin Hounkpatin, a dévoilé cette stratégie qui allie haute technologie et mobilisation citoyenne pour protéger la population.

Une alliance entre intelligence artificielle et drones de précision

L’innovation réside dans un système à trois niveaux. D’abord, la cartographie géospatiale couplée à l’intelligence artificielle permet d’identifier les zones humides et les eaux stagnantes où les moustiques se reproduisent. Ensuite, des drones spécialisés interviennent pour pulvériser un larvicide certifié par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Cette approche permet d’atteindre des endroits inaccessibles par voie terrestre, neutralisant la menace avant même que les insectes ne puissent transmettre la maladie.

Le Professeur Benjamin Hounkpatin a précisé que cette méthode réduit drastiquement la densité des vecteurs du paludisme tout en respectant les normes de sécurité sanitaire les plus strictes. L’efficacité et la rapidité d’intervention des drones offrent un avantage tactique inédit dans cette lutte de longue haleine.

Six municipalités au cœur de l’expérimentation

Pour valider ce modèle, six communes représentatives de la diversité géographique du Bénin ont été sélectionnées : Cotonou, Abomey-Calavi, Ouidah, Tchaourou, Djougou et Copargo. Ce déploiement bénéficie d’un financement de 2,3 millions de dollars octroyé par le Japon, avec la coordination technique de l’UNICEF.

L’ambassadeur du Japon, S.E.M. Uezono Hideki, a souligné que cet appui s’inscrit dans la vision nationale « Bénin 2060 Alafia », visant à renforcer la résilience du système de santé béninois face aux crises sanitaires majeures.

Un impact économique vital pour les ménages

Au-delà de l’aspect médical, ce programme représente un espoir financier pour les populations locales. Le paludisme pèse lourdement sur le budget des familles béninoises. À Abomey-Calavi, des commerçantes comme Amavi témoignent du coût exorbitant des soins, qui engloutissent parfois l’intégralité des revenus mensuels lors des périodes de forte transmission.

En limitant les hospitalisations et les arrêts de travail, la destruction des gîtes larvaires par drone favorise la stabilité économique du secteur informel. Pour les artisans et agriculteurs de Tchaourou ou de Djougou, moins de maladies signifie une meilleure productivité et une épargne préservée.

La jeunesse, pilier de la pérennité du projet

L’implication humaine reste le moteur de cette réussite. L’UNICEF, représentée par Madame Aude Rigot, mise sur l’engagement des jeunes au sein des communautés. Formés pour devenir des sentinelles sanitaires, ces jeunes assurent la sensibilisation et veillent à ce que de nouveaux nids de moustiques ne se reforment pas dans les quartiers.

Cette synergie entre technologie de pointe et action communautaire pourrait transformer durablement la santé publique au Bénin. Si les résultats dans ces six communes sont concluants, ce modèle de lutte antivectorielle pourrait être étendu à l’ensemble du territoire national et servir d’exemple pour toute l’Afrique de l’Ouest.