9 juin 2026
eeccd905-baab-4a47-a1b0-ee85647e9551

Nouveau gouvernement sénégalais : le pastef maintient son boycott malgré la présence de certains membres

Le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé lundi la composition de son nouveau gouvernement, intégrant quelques figures du Pastef, le parti de son ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Pourtant, ce dernier avait clairement indiqué que son mouvement ne participerait pas à cette administration, confirmant ainsi les tensions persistantes au sommet de l’État.

Photo illustrant la cérémonie de nomination du gouvernement

Le chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a officialisé la mise en place d’un nouveau gouvernement ce lundi. Parmi les 30 ministres nommés, certains sont issus ou proches du Pastef, le parti de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Pourtant, ce dernier avait publiquement annoncé le boycott de cette administration par son mouvement politique.

Cette décision intervient moins de deux semaines après le limogeage d’Ousmane Sonko par le président Faye. L’ancien Premier ministre, également membre du Pastef, occupe désormais la présidence de l’Assemblée nationale. Depuis sa destitution, les relations entre les deux hommes se sont fortement dégradées, plongeant le pays dans une période d’incertitude politique, aggravée par une crise financière persistante.

Un gouvernement sans le pastef malgré des alliances passées

Le nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, a dévoilé la liste des ministres, révélant l’absence de plusieurs cadres influents du Pastef présents dans l’ancien gouvernement. Quelques minutes avant cette annonce, Ousmane Sonko avait réitéré sur ses réseaux sociaux le refus de son parti de participer à cette nouvelle administration.

Des désaccords profonds entre le président et le leader du pastef

Dans un communiqué, Ousmane Sonko explique que les échanges avec le président Faye ont révélé « des convergences, mais surtout des points de désaccord majeurs », notamment sur « la place et le rôle de la majorité dans l’exécutif ». Après avoir présenté de nouvelles propositions au chef de l’État, ces dernières n’ont pas reçu d’écho favorable. Le leader du Pastef conclut ainsi : « En conséquence, PASTEF – Les Patriotes ne participera pas au prochain gouvernement et n’y sera représenté par aucun ministre. »

Malgré ce refus catégorique, certains alliés et membres moins médiatisés du parti ont été intégrés au gouvernement. C’est le cas de Moussa Bala Fofana, nommé ministre de l’Urbanisme, ou de Yankhoba Diémé, qui prend la tête du ministère des Forces armées.

Une continuité ministérielle pour plusieurs postes clés

Plusieurs ministres de l’ancien gouvernement ont été reconduits à leur poste, comme Cheikh Diba aux Finances, Moustapha Mamba Guirassy à l’Éducation, ou encore Cheikh Tidiane Dièye en charge de l’Assainissement. Le Premier ministre a justifié cette stabilité en évoquant des « concertations d’usage avec toutes les personnes concernées », dont Ousmane Sonko lui-même.

Lors de la présentation de la liste, le président Faye a tenu à souligner : « En toutes circonstances, un homme d’État doit veiller à ce que la patrie et la République soient toujours au-dessus de toutes considérations partisanes. »

Un divorce politique aux conséquences majeures

Cette nomination marque un tournant dans la relation entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, deux figures historiques du Pastef et vainqueurs de la présidentielle de mars 2024 sous le slogan « Sonko mooy Diomaye » (Sonko, c’est Diomaye). Leur alliance, autrefois indéfectible, s’est fissurée au fil des mois, menant à une rupture inévitable après le limogeage d’Ousmane Sonko fin mai.

Leader incontesté du parti et président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a été élu à ce poste après avoir été empêché de se présenter à la présidentielle en raison d’une condamnation pour diffamation. Il avait alors soutenu la candidature de Bassirou Diomaye Faye, avant que des divergences ne surgissent entre eux. Les tensions se sont cristallisées en juillet 2025, lorsque l’ancien Premier ministre avait critiqué un « problème d’autorité » dans le pays. Début mai, le président Faye avait lui-même pointé du doigt la « personnalisation excessive » de son ex-Premier ministre au sein du parti au pouvoir.