30 juin 2026
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Le directeur de publication du quotidien privé L’Enquêteur a été interpellé par les forces de sécurité dans la capitale. En l’absence de motifs officiels, la profession retient son souffle.

NIAMEY, 29 juin 2026 – L’inquiétude monte dans le milieu médiatique nigérien. Soumana Idrissa Maïga, figure emblématique du paysage médiatique local et directeur de publication du journal L’Enquêteur, a été arrêté à Niamey par les forces de sécurité.

L’information, confirmée par des sources fiables, s’est répandue rapidement dans la capitale, relançant le débat sur la pratique du journalisme dans la région.

Flou procédural autour de l’arrestation

Pour l’instant, les circonstances exactes et les raisons de cette arrestation restent opaques. Les autorités policières et judiciaires n’ont fourni aucun motif officiel pour justifier cette privation de liberté. Les proches du journaliste ainsi que la rédaction de L’Enquêteur attendent toujours des éclaircissements.

Face à cette situation, les organisations de défense des journalistes et les plateformes régionales adoptent une attitude prudente. En attendant des versions officielles de la justice ou des avocats de la défense, nous nous en tenons aux faits établis.

Un antécédent en avril 2024

Cette nouvelle arrestation survient deux ans après une première procédure judiciaire. En avril 2024, la Police judiciaire avait déjà arrêté Soumana Idrissa Maïga suite à la publication d’un article sur une présumée installation d’équipements d’écoute par des agents russes dans des bâtiments officiels nigériens.

Après quatre jours de garde à vue, il avait été placé sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Niamey pour « atteinte à la défense nationale », un chef d’accusation passible de dix ans d’emprisonnement. Quelques semaines plus tard, la justice lui avait accordé une liberté provisoire.

Liberté de la presse sous pression

Plus largement, le contexte de la liberté de la presse au Niger s’est fortement dégradé depuis le coup d’État militaire du 26 juillet 2023. Le classement mondial de 2026 place le Niger au 120ᵉ rang, soit la plus forte baisse enregistrée cette année avec un recul de 37 places.

Les autorités de la transition restreignent progressivement l’espace médiatique au nom de la sécurité nationale, faisant du Sahel l’une des régions les plus difficiles pour le journalisme indépendant.

Nous suivrons l’évolution de cette situation et mettrons à jour cet article dès que des informations officielles et vérifiables seront disponibles.