17 juillet 2026
1c2e1906-ea84-44c4-91b5-dcf662ecc771

n’djamena, capitale africaine de l’eau : un sommet pour transformer les défis en opportunités

Le Tchad se positionne au centre des débats continentaux sur la gestion de l’eau avec l’organisation du Forum africain de l’eau à N’Djamena. Cet événement, co-organisé par les autorités tchadiennes et le Groupe de la Banque mondiale dans le cadre de l’initiative Water Forward, s’articule autour du thème « De la vision à l’action ». Pendant deux jours, cette rencontre stratégique réunira des chefs d’État, des ministres clés (Finances, Eau, Agriculture, Énergie), ainsi que des représentants des institutions régionales, des banques multilatérales et du secteur privé. L’objectif ? Échanger sur les priorités incontournables : sécurité hydrique, résilience face aux changements climatiques et accès universel à une eau potable de qualité.

Parmi les personnalités attendues, Anna Bjerde, directrice générale des Opérations du Groupe de la Banque mondiale, coprésidera les travaux aux côtés du président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno. Au-delà des échanges diplomatiques, ce forum vise à valider la feuille de route d’investissement WASH+, à finaliser des pactes nationaux pour une gestion durable de l’eau et à mobiliser des financements pluriels — publics, privés ou mixtes — pour accélérer les projets dans ce secteur vital.

L’Afrique face à une crise hydrique sans précédent

Cette rencontre intervient à un moment critique pour le continent. Selon les dernières données de la Banque mondiale, plus de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à une source d’eau potable fiable, tandis que 700 millions vivent sans assainissement de base. Sans actions immédiates, la pénurie d’eau pourrait réduire le PIB de certains pays africains de 6 %, un chiffre qui pourrait atteindre des proportions encore plus alarmantes dans les zones sahéliennes, où les ressources se raréfient. À l’inverse, une gestion optimisée de cette ressource pourrait devenir un moteur de croissance : boost de l’agriculture, renforcement de la sécurité énergétique, amélioration de la santé publique et stabilité accrue des régions.

Le Tchad, un cas d’étude pour la résilience hydrique

Le forum se tient dans un contexte où le Tchad fait face à des défis hydriques et socio-économiques majeurs. En juin 2024, la Banque mondiale a octroyé un financement de 160 millions de dollars (soit plus de 92 milliards de FCFA) pour améliorer l’accès à l’eau potable et renforcer la résilience climatique dans les provinces les plus exposées, notamment celles abritant plus de 1,3 million de réfugiés en provenance du Soudan. « Dans un contexte où la pression sur les ressources en eau et les terres agricoles accentue les tensions entre communautés, cette initiative contribuera à rétablir l’accès à l’eau et à restaurer l’espoir dans l’avenir », a souligné Farouk Mollah Banna, représentant résident de la Banque mondiale au Tchad.

Mobiliser les partenaires internationaux pour des infrastructures durables

Ce sommet s’inscrit dans une dynamique plus large de levée de fonds pour le secteur de l’eau au Tchad. En novembre 2025, le gouvernement tchadien a présenté à Abou Dhabi son Programme national de développement du secteur de l’eau, lors duquel plus de 20 milliards de dollars d’engagements ont été annoncés par divers partenaires. Depuis, les autorités tchadiennes multiplient les négociations avec des bailleurs majeurs — Banque mondiale, Agence française de développement (AFD), Union européenne, Programme alimentaire mondial (PAM) — pour concrétiser des projets d’infrastructures hydrauliques et renforcer la résilience du pays face aux aléas climatiques.

Un forum pour repenser la gestion de l’eau en Afrique

Les enjeux dépassent les frontières tchadiennes. La Banque mondiale souhaite faire de ce forum la première étape africaine de son initiative Water Forward, lancée en avril 2026. L’objectif ? Renforcer la sécurité hydrique sur le continent en favorisant une meilleure coordination entre les États, les acteurs techniques, financiers et le secteur privé. Il ne s’agit plus seulement de garantir l’accès à l’eau potable ou à l’assainissement, mais d’intégrer des dimensions essentielles : irrigation, production énergétique, sécurité alimentaire et coopération transfrontalière. Un impératif, alors que près de 90 % des ressources en eau africaines sont partagées entre plusieurs pays, exigeant une gestion concertée et des solutions innovantes.