11 juin 2026
731ccd08-eeac-498f-9e73-7bfd7af75a44

Au cœur de l’économie informelle de la capitale gabonaise, le marché de Mont-Bouët est secoué par un problème persistant : le racket systématique orchestré par des agents municipaux. Le maire de Libreville, Eugène Mba, se trouve confronté à une mission délicate pour mettre un terme à ces pratiques qui asphyxient les petits commerçants.

Lors d’une réunion organisée par le Syndicat des débrouillards du Gabon (SDG) et l’ONG Solidarité pour le développement du Gabon (ONG-SDG), de nombreux vendeurs ont dénoncé un système d’extorsion bien rodé. Ils accusent certains fonctionnaires de la mairie et des forces de l’ordre de réclamer des sommes bien supérieures aux taxes officielles. « Des agents prélèvent 2 000 FCFA par étal au lieu des 500 FCFA réglementaires », témoigne un commerçant. Les reçus sont rarement délivrés, ce qui dissimule une fraude massive qui grève les budgets modestes.

Un mal chronique difficile à éradiquer

Ce phénomène n’est pas récent. Il perdure à travers les mandatures municipales, protégé par des réseaux d’influence et l’absence de traçabilité des paiements en espèces. Le racket fragilise des bénéfices déjà affectés par la baisse du pouvoir d’achat. Face à l’insuffisance des contrôles à l’Hôtel de Ville, la nouvelle équipe municipale dirigée par Eugène Mba se trouve face à un défi de taille.

La digitalisation comme solution ?

Pour sortir de cette impasse, plusieurs économistes proposent de digitaliser les paiements. En éliminant les transactions en espèces et en privilégiant les versements numériques directs aux caisses de la municipalité, on pourrait couper court aux abus des agents véreux. Pour Eugène Mba, l’enjeu dépasse la gestion urbaine : il s’agit de restaurer la confiance entre l’administration et les commerçants, piliers de l’économie locale.