21 juillet 2026
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Pourquoi les supplétifs russes d’Africa Corps enregistrent-ils moins de victimes que les militaires maliens ?

Depuis leur déploiement au Mali, les paramilitaires russes d’Africa Corps affichent un bilan humain bien inférieur à celui des Forces armées maliennes (FAMa) lors des affrontements avec les groupes djihadistes. Cette disparité interroge : quels facteurs expliquent ce phénomène ?

Alliance militaire du G5 Sahel au Mali

Des effectifs réduits et une position stratégique

Plusieurs paramètres expliquent cette différence de bilan. Tout d’abord, les effectifs russes déployés au Mali restent modestes comparés à ceux des FAMa. Entre 1 500 et 2 000 paramilitaires d’Africa Corps opèrent actuellement dans le pays, contre plus de 13 000 soldats maliens. Cette disparité numérique expose davantage les militaires maliens, souvent en première ligne.

Comme le souligne Mamadou Mouth Bane, spécialiste des enjeux sécuritaires au Sahel : « Les forces russes ne remplacent pas les FAMa, elles les accompagnent. Leur rôle consiste principalement à appuyer les opérations, notamment via la gestion des données de drones ou la communication. Les militaires maliens, eux, assurent la majorité des missions sur le terrain, là où les risques sont les plus élevés. »

Une expertise et un équipement adaptés

Les mercenaires russes ne sont pas des novices. Beaucoup ont déjà combattu dans d’autres conflits internationaux, ce qui leur confère une expérience opérationnelle précieuse. Leur équipement, souvent plus moderne que celui des FAMa, leur offre également une meilleure protection.

Abdoulaye Sounaye, chercheur au Centre Leibniz pour l’Orient moderne, précise : « On observe deux types de forces distinctes. D’un côté, une armée malienne en première ligne, de l’autre, des mercenaires professionnels aguerris. Leur maîtrise des techniques de combat, leurs moyens logistiques avancés et leurs capacités aériennes leur permettent de limiter leur exposition directe face aux attaques djihadistes. »

Une stratégie ciblée

Enfin, leur stratégie diffère de celle des FAMa. Avec des effectifs limités, les Russes concentrent leurs efforts sur la sécurisation des zones sensibles et des opérations prioritaires. Les militaires maliens, en revanche, assurent une présence continue sur l’ensemble du territoire, ce qui les expose davantage aux embuscades et aux affrontements prolongés.

Cette répartition des rôles explique en grande partie pourquoi les pertes russes restent bien inférieures à celles des FAMa, même si les supplétifs ne sont pas totalement épargnés par les violences.