La diffusion, ce jeudi 11 juin 2026, d’une nouvelle vidéo du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a plongé la capitale malienne dans une atmosphère de vive inquiétude. Dans un contexte sécuritaire déjà fragile, les menaces explicites et les signes de fébrilité au sommet de l’État accentuent la pression sur les autorités de transition.
Une escalade dans la guerre psychologique
La vidéo, publiée en soirée, montre des préparatifs logistiques et militaires intensifs. Le groupe terroriste y annonce des opérations imminentes, ciblant potentiellement des infrastructures stratégiques ou des symboles du pouvoir. Au-delà de cette démonstration de force, le JNIM a franchi un cap en diffusant une liste de noms de cadres du renseignement malien, notamment deux officiers de l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE), présentés comme des cibles prioritaires. Cette personnalisation de la menace suscite une profonde anxiété au sein des services de renseignement à Bamako.
Un moral en berne au sein des forces armées
Sur le plan militaire, la panique apparente dans les rangs sécuritaires fait écho à des rapports persistants sur l’effritement du moral au sein des Forces armées maliennes (FAMa). Face à la perspective d’une offensive coordonnée du JNIM, le commandement redoute des refus de combattre. Pour tenter de pallier cette démobilisation, la junte aurait proposé de nouvelles primes exceptionnelles de combat. Cependant, ces mesures financières peinent à masquer une crise de confiance profonde, les soldats étant éprouvés par des années de conflit asymétrique. « Les primes ne suffisent plus à compenser le déficit stratégique et la peur d’un embrasement imminent », confie un spécialiste des questions de défense basé dans la région.
Des signes de fébrilité au sommet de l’État
La dégradation rapide du climat sécuritaire provoque des secousses au sein de l’élite politique et militaire. Des mouvements inhabituels observés ces dernières quarante-huit heures alimentent des rumeurs de départs précipités à l’étranger des familles de plusieurs dignitaires du régime, y compris celles de ministres en exercice. Si les autorités de transition n’ont pas encore réagi officiellement, ces départs préventifs, s’ils se confirment, traduiraient un manque de confiance dans la capacité de l’État à sécuriser la capitale face à la menace qui se précise. Alors que les jours à venir s’annoncent cruciaux, Bamako retient son souffle, oscillant entre la crainte d’une escalade militaire et l’attente d’une réponse ferme de la part du gouvernement.