Le mois de mai est devenu une période emblématique pour les contestations au Sénégal, depuis des décennies. Associé à la lutte des travailleurs dès le 1er mai et marqué par l’héritage de mai 68, il cristallise aujourd’hui des tensions persistantes.
Le Sénégal fait face à une recrudescence des mouvements sociaux en ce mois de mai : grèves dans les transports urbains, conflits internes à l’Ageroute, revendications estudiantines à l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (UN-CHK), et crises de gouvernance dans des institutions publiques. Une convergence de facteurs qui interroge : hasard ou logique des luttes sociales ?
Le 1er mai, Journée internationale des travailleurs, ouvre traditionnellement le bal des revendications. Cette année, les chauffeurs de l’Association de Financement des Professionnels du Transport Urbain (AFTU) ont paralysé une partie du réseau dakarois en protestation contre la gestion des bornes de billetterie électronique. Une décision de justice a suspendu le déploiement de ces machines, provoquant l’ire des transporteurs qui dénoncent une précarisation de leur activité.
Parallèlement, la Fondation Trade Point Sénégal a alerté sur une dégradation alarmante de sa gouvernance interne, évoquant des recrutements massifs injustifiés et un climat social toxique.
À l’Ageroute, le climat social s’est envenimé après la révélation par le DRH Cheikh Ahmed Tidiane Thiam d’une gestion autoritaire du nouveau directeur général. La mise à l’écart brutale de 23 agents a cristallisé les tensions, révélant des dysfonctionnements managériaux profonds.
Du côté universitaire, les étudiants de l’UN-CHK, promotion 10, ont dénoncé le non-paiement intégral de leurs bourses, réclamant une régularisation urgente de leur situation financière.
Un mois de mai sous tension
Ces mobilisations, qu’elles soient sectorielles ou institutionnelles, illustrent une année 2026 marquée par une défiance accrue envers les autorités. Travailleurs, étudiants, fonctionnaires et agents publics multiplient les actions pour faire entendre leurs doléances, dans un contexte où les promesses de dialogue peinent à se concrétiser.
Mai 68 et l’héritage des luttes sociales
Le mois de mai conserve au Sénégal une dimension symbolique forte, héritée de mai 68 et des mouvements sociaux français. Cette période de l’année reste indissociable des revendications pour la justice sociale, l’emploi et la dignité, faisant du mois de mai un marqueur des tensions sociétales.