26 mai 2026
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La forêt de Sambisa, théâtre d’une guerre sans merci entre Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest

Au cœur du Nord-Est du Nigeria s’étend la forêt de Sambisa, une étendue sauvage de 60 000 km² autrefois riche en biodiversité et prisée des amoureux de la nature. Aujourd’hui, ce territoire est devenu le symbole d’une confrontation brutale entre deux factions djihadistes rivales, héritières d’une scission douloureuse survenue en 2016.

D’un côté, le Groupe sunnite pour la prédication et le djihad (JAS), issu de la scission de Boko Haram, et de l’autre, la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique (PAOEI), qui a choisi la voie d’une expansion territoriale méthodique. Ces deux entités se disputent farouchement le contrôle de ce bastion stratégique, où la végétation dense et l’immensité du terrain offrent des caches idéales pour organiser des attaques et contrôler les axes de trafic.

Une rivalité née d’une scission aux conséquences dévastatrices

La forêt de Sambisa n’est plus qu’un lointain souvenir des safaris d’antan. Les animaux ont déserté ces lieux, remplacés par une guerre sans pitié entre deux groupes déterminés à imposer leur domination. Depuis leur séparation, les combats se sont intensifiés, transformant ce territoire en un champ de bataille où les pertes humaines s’accumulent.

Selon les dernières informations disponibles, les affrontements entre le JAS et la PAOEI prennent de l’ampleur, malgré les opérations de contre-terrorisme menées par l’armée nigériane et la Force multinationale mixte. Les deux factions revendiquent des victoires, mais ces affirmations, bien que non vérifiées, révèlent l’intensité de leur rivalité et leur détermination à poursuivre le combat.

Des stratégies distinctes et une menace persistante

Le JAS s’est d’abord défini comme un mouvement de survie, mais il a su conserver une capacité opérationnelle redoutable. Ses méthodes reposent sur des enlèvements ciblés, des raids éclair et des attaques meurtrières visant à semer la terreur dans les villages environnants.

La PAOEI, quant à elle, adopte une approche différente. Elle mise sur la conquête territoriale, l’instauration d’un système fiscal local et la mise en place d’une gouvernance parallèle, tout en affichant un mépris total pour la vie humaine. Les îles du lac Tchad et la forêt de Sambisa constituent depuis des années ses bases arrière les plus solides.

Un équilibre précaire et des défis majeurs pour les forces de sécurité

Les analystes soulignent que cette guerre intestine entre les deux factions pourrait affaiblir la cohésion globale des groupes insurgés, tout en compliquant la tâche des forces de sécurité. La PAOEI, avec ses effectifs plus nombreux, son expérience et son ancrage territorial, semble avoir l’avantage. Cependant, le JAS conserve une capacité d’adaptation surprenante, notamment dans ses bastions comme Barwa, où son chef réside.

Les experts en sécurité appellent à une réévaluation des stratégies militaires. « Les forces nigérianes et multinationales doivent désormais considérer le JAS comme une menace autonome, capable de s’adapter et de se regrouper, plutôt que comme un simple rival affaibli de la PAOEI. » Cette approche est d’autant plus cruciale que les deux groupes maintiennent des réseaux de communication actifs et des capacités opérationnelles intactes, malgré les pressions exercées.

Un avenir incertain pour la région

Les observateurs s’accordent à dire que cette rivalité entre le JAS et la PAOEI risque de s’inscrire dans la durée. « Une impasse semble inévitable , explique un chercheur spécialisé. La PAOEI peine à pénétrer les zones contrôlées par le JAS, notamment autour de Barwa, tandis que la proximité des deux groupes dans les îles du lac Tchad rend toute confrontation inévitable. »

Alors que le conflit s’étend depuis 2009 et a déjà fait plus de 40 000 morts ainsi que le déplacement de plus de deux millions de civils dans la sous-région, la forêt de Sambisa reste un symbole de cette insurrection qui défie le temps et les stratégies militaires. Une chose est sûre : tant que cette guerre intestine persistera, la stabilité de toute la région restera menacée.