13 juin 2026
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La force conjointe anti-djihadiste composée du Niger, du Burkina Faso et du Mali a mené des « campagnes aériennes intenses » sur le territoire malien. Cette opération fait suite à des attaques perpétrées par des groupes liés à Al-Qaïda et des séparatistes touaregs, selon un communiqué du gouvernement nigérien publié en fin de semaine dernière.

Ce week-end, les djihadistes accompagnés de leurs alliés touaregs ont lancé la plus grande offensive au Mali depuis près de 15 ans. Ils ont notamment pris le contrôle de la ville stratégique de Kidal et tué le ministre de la Défense malien, Sadio Camara.

Ces trois pays forment l’Alliance des États du Sahel (AES), une coalition créée pour lutter contre les groupes armés. Cette force conjointe compte désormais 15 000 hommes, contre 5 000 initialement prévus, depuis son augmentation mi-avril.

une riposte immédiate et énergique

Les autorités nigériennes ont salué « la réponse rapide et vigoureuse des unités de la force unifiée », qui ont conduit ces frappes aériennes dans les heures suivant les attaques du 25 avril 2026 à Gao, Ménaka et Kidal. Dans un communiqué publié après une réunion gouvernementale, Niamey a qualifié ces assauts de « lâches ».

Quelques heures après le début des attaques, Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole du Mouvement de Libération de l’Azawad (MLNA), a appelé le Burkina Faso et le Niger à « ne pas s’immiscer dans les événements au Mali ».

crise sécuritaire et tensions régionales

Les trois pays membres de l’AES sont dirigés par des juntes militaires arrivées au pouvoir à la suite de coups d’État entre 2020 et 2023. Les attaques contre la junte malienne et ses soutiens paramilitaires russes ont plongé ce pays, ancien territoire français, dans une crise sécuritaire majeure.

Lors des funérailles de Sadio Camara, célébrées jeudi, le ministre de la Défense du Burkina Faso, Célestin Simpore, a déclaré au nom de l’AES qu’il s’engageait à « traquer les assassins ».

manifestations de solidarité à Niamey

Environ un millier de personnes se sont rassemblées dans la capitale nigérienne pour exprimer leur « solidarité avec le peuple malien », comme en témoignent des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. La foule, réunie au centre culturel Djado Sekou, a scandé des slogans comme « À bas les impérialistes », « À bas les terroristes et leurs commanditaires » ou encore « Vive l’AES », tout en brandissant une photo de Sadio Camara.

Effred Mouloul, représentant de la coalition de la société civile à l’origine de l’événement, a affirmé : « Au peuple malien, nous disons : ‘Vous n’êtes pas seuls, les forces actives du Niger et de l’AES se tiennent à vos côtés et expriment leur solidarité totale.’ »

Il a également critiqué les dirigeants africains pour leur « manque flagrant de solidarité visible face à l’assassinat ciblé des responsables maliens » et réclamé le retrait des forces françaises du territoire de l’AES.

Le gouvernement nigérien a accusé des puissances étrangères, principalement la France, d’« soutenir les attaques de ce week-end au Mali ». Niamey a maintes fois reproché à Paris de chercher à déstabiliser la région, une accusation que la France dément catégoriquement.

Par mesure de sécurité, les autorités nigériennes ont annulé les défilés du 1er mai dans tout le pays.