La capitale togolaise a abrité, ce lundi 8 juin 2026, une réunion de haut niveau dédiée à la médiation africaine face à la crise qui ébranle l’Est de la République démocratique du Congo ainsi que la région des Grands Lacs. Sous la présidence de Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur mandaté par l’Union africaine, les discussions ont principalement porté sur un défi majeur : améliorer la coordination des initiatives de paix jusqu’ici disparates.
Autour de la table se trouvaient les facilitateurs nommés par l’Union africaine, accompagnés de représentants de l’ONU, de la Communauté de l’Afrique de l’Est, de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, de la Communauté de développement de l’Afrique australe, de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et du Comité international de la Croix-Rouge. Cette diversité d’acteurs illustre la complexité d’un dossier où s’entremêlent cadres régionaux, mandats institutionnels et efforts diplomatiques parallèles.

Une médiation qui se structure davantage
Cette réunion semestrielle s’inscrit dans la lignée des échanges qui s’étaient tenus à Lomé en janvier dernier. À l’époque, les participants avaient déjà réfléchi à la cohérence du dispositif de médiation et à la nécessité de renforcer le processus de paix.
Faure Gnassingbé a estimé que des progrès avaient été réalisés depuis, notamment sur l’organisation interne de l’architecture de médiation. Selon lui, l’enjeu n’est plus de multiplier les initiatives, mais de les rendre plus claires, plus cohérentes et plus efficaces sur le terrain.
Cette démarche répond à un problème récurrent dans les crises prolongées : trop d’intervenants agissent parfois sans coordination suffisante, ce qui affaiblit l’impact des efforts diplomatiques. À Lomé, la priorité affichée a donc été de remettre de l’ordre dans le processus.

Le choix du dialogue africain
Le médiateur de l’Union africaine a réaffirmé sa volonté de poursuivre sa mission avec détermination, en dépit des obstacles. Il a souligné l’importance de maintenir la mobilisation collective en faveur de la stabilité dans l’Est congolais, où violences et tensions armées continuent d’affecter les populations civiles.
En misant sur un dialogue inclusif, Faure Gnassingbé défend une ligne diplomatique nette : privilégier des solutions africaines, portées par des mécanismes africains, tout en restant en lien avec les autres initiatives internationales. Cette approche vise à éviter les redondances et à renforcer la crédibilité du processus.
Les parties prenantes ont salué ce leadership, estimant qu’il contribue à restaurer la confiance entre les acteurs et à harmoniser les démarches en cours. Selon elles, la réussite de la médiation repose sur une architecture claire, des responsabilités bien réparties et un suivi rigoureux des engagements.

Des orientations pour le second semestre
La réunion de Lomé a abouti à plusieurs décisions concrètes. Les participants ont notamment convenu de renforcer la coordination entre le Bureau du Médiateur, le panel des facilitateurs, la Commission de l’Union africaine et le Secrétariat conjoint indépendant.
Ils ont également insisté sur la nécessité de bâtir une contribution africaine plus structurée aux processus de Washington et de Doha. L’objectif est de permettre une meilleure appropriation de ces initiatives par les acteurs de la région et d’en faciliter la mise en œuvre.
Dans le même esprit, les États et les organisations impliqués ont été exhortés à intensifier leur coopération, dans le respect des rôles définis par l’architecture adoptée à Lomé le 17 janvier 2026. Un plan d’action opérationnel doit maintenant être finalisé sous quinze jours pour traduire ces orientations en mesures concrètes.

Lomé comme point d’appui diplomatique
Au final, cette réunion confirme le rôle grandissant de Lomé comme plateforme diplomatique sur le dossier congolais. Le Togo s’impose peu à peu comme un lieu de convergence pour les discussions liées à la paix dans les Grands Lacs.
Reste à savoir si cette volonté de coordination produira des résultats tangibles sur le terrain. Dans une crise aussi longue et évolutive, la valeur d’une médiation se mesure moins à ses déclarations qu’à sa capacité à maintenir les acteurs autour d’une même table et à faire progresser, pas à pas, une feuille de route commune.