10 juin 2026
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Plusieurs centaines de femmes et d’enfants, enlevés par le groupe djihadiste Boko Haram au début de l’année dans un village de l’État de Borno, ont été libérés ce week-end. L’information a été confirmée par un sénateur local et un responsable de la jeunesse.

Les enlèvements, souvent accompagnés de demandes de rançon, sont devenus une méthode récurrente employée par les insurgés dans leur conflit de 17 ans contre l’État nigérian, principalement concentré dans la région nord-est du pays.

Samaila Kaigama, président de la Borno South Youth Alliance (BOSYA), a annoncé que son organisation avait obtenu la libération de 416 femmes et enfants capturés à Ngoshe. Ils ont été relâchés samedi, a-t-il précisé devant la presse. Mohammed Ali Ndume, sénateur de l’État de Borno, a également confirmé cette libération.

Les circonstances exactes de cette libération restent floues pour l’instant. Les victimes avaient été détenues par les militants de Boko Haram dans des conditions très éprouvantes, après avoir été enlevées dans plusieurs localités, en particulier dans le secteur de Ngoshe.

Daniel Bwala, porte-parole du président Bola Tinubu, a indiqué sur les réseaux sociaux que deux nourrissons étaient malheureusement décédés d’épuisement, en raison d’une captivité prolongée et d’un terrain accidenté. L’armée nigériane a de son côté précisé avoir mené des opérations de renseignement et des actions psychologiques pour semer la discorde entre les insurgés avant de lancer l’assaut.

Les ravisseurs réclamaient des millions de nairas de rançon pour les otages de Ngoshe. Les autorités nigérianes affirment ne pas avoir versé de rançon, mais les analystes estiment que cette pratique est courante, tant de la part du gouvernement que des familles.

Les différents groupes armés actifs au Nigéria — djihadistes, bandes criminelles et séparatistes — alimentent une grave crise d’enlèvements. Selon une étude du cabinet SBM Intelligence, les rançons versées entre juillet 2024 et juin 2025 ont atteint environ 1,66 million de dollars. Ngoshe, situé à moins de 10 km de la frontière camerounaise, dans les collines de Gwoza, un bastion de Boko Haram, a été la cible de nombreuses attaques.

Depuis son soulèvement en 2009, l’insurrection djihadiste au Nigéria a causé des dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes.