26 mai 2026
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Le Premier ministre sénégalais dénonce la pression occidentale sur les valeurs africaines

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko lors d'un discours à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar

Le Sénégal a adopté début mars une modification législative doublant les peines encourues pour relations homosexuelles, portant désormais la fourchette entre cinq et dix ans d’emprisonnement. Cette réforme, promulguée le 31 mars par le président Bassirou Diomaye Faye, s’inscrit dans un climat d’intolérance croissante envers l’homosexualité dans le pays, marqué par une série d’arrestations récentes.

Lors d’une intervention devant les députés ce vendredi 22 mai, le Premier ministre Ousmane Sonko a vivement critiqué les pressions exercées par l’Occident pour imposer des normes sociétales jugées étrangères aux valeurs africaines. Il a dénoncé une forme de tyrannie des pays occidentaux, affirmant que ces derniers, en minorité mais dotés d’une influence médiatique et économique dominante, cherchent à universaliser des pratiques que la majorité des nations asiatiques, africaines et arabes refusent catégoriquement.

Un rejet catégorique des critiques extérieures

« Il existe une forme de tyrannie. Nous sommes huit milliards d’humains sur Terre, mais un petit groupe que l’on nomme l’Occident, où le débat n’est même pas tranché, prétend imposer ses choix au reste du monde. Mais au nom de quoi ? », a interrogé Ousmane Sonko. Il a ajouté avoir constaté des réactions outrancières de la part de certains pays étrangers, notamment la France, après l’adoption de cette loi. « S’ils ont fait ce choix, c’est leur affaire, mais nous n’avons absolument aucune leçon à recevoir de leur part », a-t-il martelé.

Le chef du gouvernement a souligné que contrairement aux pays occidentaux, aucun État asiatique, africain ou arabe ne s’est permis de critiquer la loi sénégalaise. Il a également affirmé que si les autorités jugeaient nécessaire de renforcer encore cette législation, elles n’hésiteraient pas à le faire. « Si la loi doit être renforcée, elle le sera », a-t-il conclu.

Une application stricte et sans concession

Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité d’une application intégrale, impartiale et rigoureuse de la nouvelle loi, dont l’objectif principal est, selon lui, d’endiguer la propagation de l’homosexualité au Sénégal. « La justice doit veiller à ce que cette loi soit appliquée de manière totale, impersonnelle et parfaite », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a par ailleurs balayé d’un revers de main toute suggestion de moratoire sur l’application de ce texte. Cette position s’oppose frontalement à l’appel lancé mi-mai par une trentaine de personnalités d’origine africaine, dans une tribune publiée dans un quotidien français. Ces dernières dénonçaient un « climat de peur, de haine et de violence » ayant émergé au Sénégal depuis l’entrée en vigueur de la réforme.

« Il n’y aura pas de moratoire. Une partie de nos élites sont complexées », a rétorqué Ousmane Sonko, balayant les critiques venues de l’extérieur.

Dans ce pays majoritairement musulman, les relations entre personnes de même sexe sont considérées comme une déviance. Le durcissement de leur répression constitue une promesse politique majeure du camp au pouvoir, qui y voit un moyen de mobiliser l’électorat conservateur.