Alors que les ports ouest-africains suffoquent sous le poids d’une congestion chronique, le Port Autonome de Cotonou (PAC) s’impose comme un phare d’efficacité. Avec des délais de livraison de conteneurs réduits à 36 ou 72 heures, il redéfinit les standards logistiques de la sous-région, là où ses voisins peinent à tenir des échéances dépassant plusieurs semaines. Une révolution discrète mais décisive, qui transforme Cotonou en acteur incontournable du commerce maritime africain.
Cotonou casse les codes de l’engorgement portuaire
Dans un contexte où les ports africains sont souvent paralysés par des retards en cascade, le PAC affiche une performance remarquable. Alors que certains hubs côtiers enregistrent des temps d’immobilisation des navires allant de six semaines à deux mois, Cotonou maintient une rotation fluide des conteneurs avec une attente maximale de trois jours. Une prouesse technique saluée par le directeur des opérations, Charles Bennett Fayomi, pour qui cette agilité n’est pas un hasard.
« Dans d’autres ports, les navires patientent parfois un mois avant même d’accoster, tandis que leurs cargaisons restent inaccessibles. Chez nous, la dynamique est inversée : le temps d’attente se compte en heures, pas en semaines », explique-t-il. Cette efficacité s’illustre par un taux d’utilisation du port à 100 %, contre des pics de 200 à 250 % chez certains concurrents directs — une preuve que la saturation n’est pas une fatalité.
Un exutoire logistique pour l’Afrique de l’Ouest
Le paradoxe est frappant : le PAC maintient sa performance malgré un chantier d’extension en cours. En captant une partie du trafic détourné depuis les ports saturés de la sous-région, il devient un relais logistique vital pour les opérateurs économiques. Cette stratégie de contournement des goulots d’étranglement offre une bouffée d’oxygène aux industries dépendantes des importations et exportations.
« Les navires qui ne peuvent plus accoster dans les ports voisins trouvent ici une solution rapide. Nous absorbons une partie du surplus, sans compromettre notre délai record », précise Charles Bennett Fayomi. Une approche qui séduit les acteurs locaux et internationaux, à la recherche d’alternatives fiables dans un environnement logistique souvent chaotique.
Une compétitivité préservée malgré la pression
Derrière cette prouesse se cache une gestion rigoureuse des coûts. Le PAC affiche des frais de manutention et pénalités pour retard parmi les plus bas de la sous-région, malgré l’augmentation des volumes traités. Un levier stratégique pour les entreprises, qui voient leurs marges préservées tout en bénéficiant d’un service optimisé.
« Nous veillons à ce que l’efficacité ne rime pas avec des tarifs exorbitants. Notre objectif est clair : offrir une logistique fluide sans alourdir les coûts pour les opérateurs », souligne le directeur. Une politique tarifaire qui renforce l’attractivité du corridor béninois, à l’heure où les autres ports peinent à concilier rapidité et accessibilité économique.
Un modèle à suivre pour la région ?
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : avec des délais de 36 à 72 heures, le PAC a réussi là où d’autres échouent. Son succès repose sur une combinaison unique : une infrastructure en constante amélioration, une gestion proactive des flux et une priorité donnée à la fluidité. Une recette qui pourrait inspirer d’autres ports africains, engagés dans une course contre la montre pour désengorger leurs infrastructures.
Face à la congestion qui asphyxie le commerce ouest-africain, Cotonou écrit une nouvelle page logistique. Une page où la rapidité, l’innovation et la résilience deviennent les mots d’ordre d’une Afrique en mouvement.





