24 juin 2026
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Lors d’une réunion internationale à Genève, le Maroc a présenté ses arguments en faveur d’une réforme en profondeur du dispositif onusien dédié aux droits de l’homme. La rencontre, intitulée «Pékin après 30 ans : mobilisation du système des droits de l’Homme des Nations Unies pour progresser vers l’égalité de genre et la pleine jouissance des droits des femmes et des filles», a permis au royaume de partager son expertise et ses suggestions pour une meilleure gouvernance mondiale des droits humains.

El Habib Belkouch, délégué interministériel marocain, a souligné l’importance de participer aux travaux du Conseil des droits de l’Homme, considérant ces forums comme des plateformes clés pour suivre les évolutions nationales et internationales. Il a particulièrement mis en avant l’organisation à Rabat d’un colloque international marquant les 20 ans de l’Examen périodique universel (EPU), présenté comme une première mondiale du genre.

Selon lui, ce colloque a abouti à des recommandations concrètes visant à renforcer l’efficacité de l’un des mécanismes de reddition de comptes les plus performants du système onusien. «Ce n’est pas un événement ponctuel, mais une étape dans une stratégie globale pour consolider et rationaliser les mécanismes internationaux des droits de l’Homme», a-t-il déclaré.

Dans cette optique, le responsable marocain a évoqué la préparation d’un futur rendez-vous international dédié à l’évaluation des différentes composantes du système onusien, notamment les procédures spéciales – rapporteurs et groupes de travail – et les mécanismes conventionnels. L’objectif est de réfléchir à une cohérence institutionnelle accrue, dans un contexte où la multiplication des mécanismes entraîne parfois des redondances thématiques, en particulier dans des domaines comme les droits de l’enfant.

El Habib Belkouch a également insisté sur le contexte international actuel, qu’il qualifie de «période de crise», estimant qu’il représente paradoxalement une opportunité pour des réformes ambitieuses. «Sortir de la crise implique de tracer des perspectives positives, de consolider les acquis et de renforcer la place des droits de l’Homme face aux remises en cause observées dans plusieurs régions du monde», a-t-il affirmé.

Par ailleurs, il a mis en lumière l’expérience marocaine en matière de mécanismes nationaux de suivi et de mise en œuvre des recommandations internationales. Cette approche, présentée comme un modèle en développement, suscite un intérêt croissant. «Des pays comme la Corée, les Pays-Bas ou les Émirats arabes unis ont exprimé leur intérêt pour l’expérience marocaine et ont entamé des échanges pour s’en inspirer», a-t-il précisé.

Pour le délégué interministériel, ces mécanismes nationaux incarnent l’avenir de l’action en faveur des droits humains, car ils permettent de passer de la formulation de recommandations à leur application concrète. «C’est à ce niveau que se joue la réalisation effective des droits de l’Homme», a-t-il conclu.

Il a également souligné que ce thème figurait parmi les sujets les plus marquants présentés lors du forum de Glion, auquel le Maroc a contribué l’année précédente, confirmant ainsi sa volonté de participer activement aux débats structurants sur l’avenir du système international des droits de l’Homme, tout en mettant en avant ses propres progrès et en plaidant pour une gouvernance plus efficace et cohérente.