Les pionniers de l’économie numérique ivoirienne entament leur stage professionnel
Abidjan – Une page décisive s’ouvre pour la Côte d’Ivoire et ses partenaires régionaux avec le lancement des stages de validation du parcours de licence professionnelle en management de l’économie numérique. Cette initiative, portée par l’École multinationale supérieure des postes (EMSP), marque un tournant dans la formation des futurs acteurs de la transformation digitale en Afrique de l’Ouest.
Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a officiellement donné le coup d’envoi des stages pour la première promotion de la licence en management de l’économie numérique. Cet événement, organisé le 22 juin à l’auditorium de la Tour Postel 2001, s’inscrit dans une démarche ambitieuse visant à doter les étudiants des compétences nécessaires pour accompagner la révolution numérique en Côte d’Ivoire et au-delà.
Un stage professionnel de trois mois pour une préparation concrète
Les 100 apprenants de cette première promotion, inscrits en Licence 3 (L3) des Formations supérieures en management de l’économie numérique (FS MENUM), s’apprêtent à vivre une expérience immersive de trois mois au sein de 43 structures publiques, parapubliques et privées. Cette période de stage, sanctionnée par un rapport de fin d’études devant un jury, représente une étape clé de leur cursus académique.
Chaque étudiant bénéficiera d’un soutien financier équivalant à trois mois de bourse, destiné à couvrir les dépenses liées à leur séjour en entreprise, notamment les frais de transport. Une initiative saluée pour son rôle dans l’accompagnement des futurs professionnels dans leur transition vers le monde du travail.
Des valeurs et des ambitions pour une génération porteuse de changement
Lors de la cérémonie de lancement, Djibril Ouattara a insisté sur l’importance historique de ce moment pour les stagiaires. « Vous n’êtes pas une promotion comme les autres. Vous êtes les pionniers d’un programme qui façonnera l’avenir numérique de nos pays. Vous incarnez bien plus qu’un diplôme : vous représentez la vision et l’ambition de nos États », a-t-il déclaré, soulignant les responsabilités qui incombent à cette génération.
Le ministre a appelé les étudiants à cultiver l’excellence, la rigueur, l’intégrité et la curiosité, tout en les encourageant à être des forces de proposition et des acteurs audacieux du changement. « Soyez les ambassadeurs de ce programme. Montrez par votre travail que vous êtes prêts à relever les défis de la transformation numérique », a-t-il conclu.
Une formation adaptée aux enjeux modernes de l’Afrique
Michel Touré, directeur général de l’EMSP, a retracé le parcours de l’établissement, soulignant l’adaptation progressive de ses programmes aux mutations technologiques et économiques. « Nous ne formons pas des ingénieurs, ni des techniciens, mais des professionnels polyvalents capables d’évoluer dans tous les écosystèmes », a-t-il précisé.
Fondée en 1970 sous l’égide de l’Union postale universelle (UPU), l’EMSP est une institution interétatique qui réunit huit pays africains : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Togo. Initialement axée sur la formation des cadres des administrations postales et des services financiers postaux, l’école a diversifié son offre pour intégrer les métiers émergents du numérique, de la logistique, du marketing digital et de la finance digitale.
Cette stratégie de diversification reflète une vision claire : préparer les professionnels de demain à relever les défis d’une économie en pleine mutation, où le numérique occupe une place centrale.
Une cérémonie marquée par la présence des acteurs clés
La cérémonie de mise en stage a rassemblé plusieurs personnalités influentes, dont le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, ainsi que l’ambassadeur de Mauritanie en Côte d’Ivoire, S.E.M. Mohamed Abdallah, venu représenter les autres États membres de l’EMSP. Leur présence témoigne de l’importance accordée à cette initiative pour l’avenir numérique de la région.