10 juin 2026
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Cameroun dénonce usurpation pavillon Tagor

Le pétrolier Tagor, parti de Mourmansk et soupçonné de naviguer sous un faux pavillon camerounais, a été intercepté le 31 mai à environ 400 milles nautiques à l’ouest de la Bretagne, puis dérouté vers la France.

Le navire Tagor a été intercepté le 31 mai à environ 400 milles nautiques — soit près de 740 kilomètres — à l’ouest de la Bretagne, suspecté d’arborer frauduleusement le pavillon camerounais. Parti de Mourmansk, en Russie, et apparemment en direction de Limbe, au Cameroun, il a été soumis à une vérification de nationalité en mer conformément à l’article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS). Escorté par la marine française, il a été dérouté vers la France.

Yaoundé condamne l’usage frauduleux de son pavillon

Dans une déclaration lue à la radio publique, le ministre camerounais des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, a affirmé que le Tagor « ne figure dans aucun des registres officiels des navires autorisés à battre pavillon camerounais ». Il a condamné « avec rigueur l’utilisation frauduleuse et abusive des attributs de la nationalité camerounaise » et appelé « la communauté internationale à prendre des mesures drastiques contre de tels abus ». Yaoundé a également réaffirmé son engagement à poursuivre « le processus d’assainissement et de modernisation de son registre des pavillons ».

Cette déclaration officielle vise à démarquer le Cameroun de toute association avec un navire appartenant à ce que les autorités maritimes appellent la « flotte fantôme » — des navires utilisés pour acheminer du pétrole sanctionné vers les marchés internationaux par voie maritime. L’affaire met en lumière la vulnérabilité des registres nationaux des pavillons face aux acteurs cherchant à contourner les mécanismes de contrôle.

La France procède à sa quatrième interception depuis septembre 2025

Selon les autorités maritimes, l’interception du Tagor s’inscrit dans une série d’opérations françaises visant cette flotte opaque. Il s’agit de la quatrième intervention de ce type depuis septembre 2025. Après des inspections, l’affaire a été confiée au parquet de Brest, compétent en matière maritime.

Le navire est resté ancré depuis le 2 juin dans la baie de Douarnenez, dans le Finistère, dans le cadre d’une enquête judiciaire en cours. La multiplication de ces interceptions en mer reflète le renforcement des contrôles européens sur les canaux d’exportation de pétrole contournant les régimes de sanctions internationales.