14 juillet 2026
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la France prête à soutenir la diplomatie congolaise sur les ressources naturelles à l’ONU

Lors de sa présidence du Conseil de sécurité de l’ONU en juillet, la République démocratique du Congo (RDC) a placé la gouvernance des ressources naturelles au cœur de ses priorités diplomatiques. Kinshasa a organisé une réunion format « Arria » à New York le 13 juillet, dédiée aux liens entre exploitation des ressources et maintien de la paix. Cette initiative culminera le 22 juillet avec un débat de haut niveau présidé par le président Félix Tshisekedi, sous le thème : « La gouvernance des ressources naturelles, fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité ».

Le ministère congolais des Affaires étrangères, dirigé par Thérèse Kayikwamba Wagner, a mis en lumière une lacune normative dans l’encadrement international de ces ressources. Selon les autorités congolaises, les dispositifs actuels (traçabilité des minerais, devoir de diligence des entreprises, mécanismes anti-financement des conflits) restent dispersés et manquent de cohérence. La RDC plaide pour un cadre international plus intégré, articulant gouvernance des ressources, prévention des conflits et sécurité collective.

Cette démarche représente un changement de paradigme : les ressources naturelles ne doivent plus être considérées uniquement comme un enjeu économique, mais comme un levier stratégique pour la paix et la sécurité internationales. Cette vision a retenu l’attention de la France, dont l’ambassadeur permanent à l’ONU, Jérôme Bonnafont, a réaffirmé le soutien de Paris à cette initiative.

« Les ressources naturelles doivent servir au développement durable et équitable des populations et des pays qui les abritent. Elles doivent être protégées contre les prédateurs et leur détournement à des fins malveillantes. La France soutient pleinement l’objectif de la RDC de renforcer la cohérence des initiatives internationales sur ce sujet. Nous sommes prêts à contribuer activement aux travaux du Conseil qui accompagneront le débat de haut niveau organisé par la RDC la semaine prochaine, en présence du président Félix-Antoine Tshisekedi. »

Cette séquence diplomatique s’inscrit dans la continuité des priorités de la présidence congolaise à l’ONU. Elle fait suite à un briefing du Conseil de sécurité sur les violences sexuelles liées aux conflits, tenu le 8 juillet sous la présidence de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Ce briefing avait souligné l’importance de prévenir les économies de guerre et de renforcer la protection des survivantes.

Ces initiatives interviennent dans un contexte géopolitique complexe. La RDC et les États-Unis ont récemment conclu un partenariat stratégique sur les minerais critiques, tandis qu’un accord entre Kinshasa et Kigali prévoit des mesures de désescalade et le retrait progressif des forces rwandaises du territoire congolais. Malgré ce cadre diplomatique, la situation sécuritaire reste fragile à l’Est du pays, où les rebelles de l’AFC/M23 contrôlent toujours des zones stratégiques comme Goma et Bukavu.

Les affrontements persistent dans plusieurs provinces, et les efforts de médiation, notamment le processus de Doha sous l’égide du Qatar, peinent à aboutir à des résultats durables. Cette situation illustre le décalage persistant entre les avancées diplomatiques et la réalité sur le terrain.