24 juillet 2026
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Un journaliste centrafricain confronté à un refus d’asile après avoir dénoncé Wagner

Le journaliste Ephrem Yalike-Ngonzo, en exil en France, attend la décision sur son recours après le refus de son asile

Un laissez-passer accordé par Emmanuel Macron n’a pas suffi à protéger un journaliste centrafricain dont la demande d’asile vient d’être rejetée en France. Ephrem Yalike-Ngonzo, menacé pour avoir révélé les agissements du groupe Wagner, lutte désormais contre une décision qui pourrait dissuader d’autres lanceurs d’alerte.

Ephrem Yalike-Ngonzo, lanceur d’alerte centrafricain, a vu sa demande d’asile en France rejetée le 10 juillet. Pourtant, en 2024, il avait obtenu un laissez-passer exceptionnel grâce à l’intervention directe du président français de l’époque, Emmanuel Macron. Ce document lui avait permis de quitter la Centrafrique, où sa vie était menacée après ses révélations sur les opérations de propagande russe menées par le groupe Wagner en Afrique centrale.

Un parcours marqué par les révélations et les menaces

Dès 2019, Yalike-Ngonzo a été approché pour publier des articles en faveur des forces russes et centrafricaines. Rémunéré entre 15 et 30 euros par article, il a finalement rompu avec ce système en 2024, lors d’une enquête approfondie menée par Forbidden Stories. Ses témoignages ont contribué à l’adoption de sanctions européennes contre Mikhaïl Prudnikov, figure clé de la désinformation russe en Centrafrique.

Mais cette prise de position lui a valu des menaces de mort de la part de Wagner. Forcé à l’exil, il a trouvé refuge en France, où il pensait être protégé. Pourtant, les autorités françaises ont estimé que son dossier ne remplissait pas les critères d’éligibilité à l’asile, une décision qualifiée de « signal extrêmement négatif » par son avocat.

Un recours en cours et une famille toujours en danger

Un recours a été déposé devant la Cour nationale du droit d’asile le 9 juillet. La procédure pourrait s’étendre sur un an avant qu’une décision définitive ne soit rendue. En attendant, Yalike-Ngonzo vit caché avec sa famille dans l’Hexagone, tandis que ses proches restés en Centrafrique subissent des pressions régulières pour révéler son lieu de résidence.

Son avocat dénonce une incompréhension des enjeux géopolitiques et rappelle que ce refus envoie un message alarmant à tous ceux qui osent défier les régimes autoritaires et leurs alliés en Afrique.