22 juin 2026
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La scène politique en République démocratique du Congo (RDC) est marquée par une tension croissante autour du projet de modification constitutionnelle. Face à l’initiative du pouvoir en place, une voix majeure vient de s’élever : la Conférence épiscopale nationale de la République démocratique du Congo (CENCO). Son rejet catégorique de cette réforme vise à empêcher le président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat, ce qui irait à l’encontre des dispositions actuelles de la Constitution qui limitent la présidence à deux termes. L’Église catholique congolaise considère que cette démarche politique compromet gravement la stabilité de la Nation.

L’exécutif congolais face à une opposition de taille

Les prélats n’ont pas mâché leurs mots, alertant sur les « risques énormes » qu’un passage en force pourrait engendrer, évoquant même la « balkanisation du pays ». Ils ont lancé un vibrant appel au peuple congolais : « Le pays va mal, mettons-nous debout. Il est impérieux de prendre notre destin en main, sinon, notre avenir sera hypothéqué pour longtemps. » Au-delà de cet appel à la mobilisation citoyenne, la CENCO a également exhorté le président Félix Tshisekedi à respecter son serment de défendre la Constitution. Cette prise de position intervient peu après le vote par le Parlement d’une loi référendaire, ouvrant la voie à l’organisation d’un référendum pour cette révision constitutionnelle. Tout indique que le pouvoir est déterminé à poursuivre son objectif, ce qui soulève la question de l’impact réel de l’intervention ecclésiastique.

Un soutien indirect mais puissant à l’opposition

Bien que la CENCO affirme ne pas rejoindre l’opposition politique, sa position ferme dans ce débat controversé apporte un soutien considérable à tous ceux qui contestent la modification de la Constitution. Ignorer cette voix influente serait une erreur stratégique pour le chef de l’État. L’intensification des fronts d’opposition pourrait, d’une manière ou d’une autre, fragiliser son régime. L’Église, en tant qu’acteur de paix, se considère légitime à exiger le respect de l’ordre constitutionnel et ne peut rester silencieuse face à un projet qui divise profondément les Congolais et présente un potentiel de crise. Les prélats, étant partie intégrante du peuple, se sentent directement concernés par les défis du pays et estiment devoir participer à la recherche de solutions. La question demeure : cette intervention de l’Église infléchira-t-elle la détermination présidentielle ? La situation actuelle met indéniablement Félix Tshisekedi dans une position délicate. En effet, en plus des actions déjà menées par l’opposition, y compris des manifestations parfois réprimées, la CENCO a annoncé que les ecclésiastiques devaient s’attendre à des actions futures.

Les défis multiples de la RDC ne tolèrent pas de nouvelles crises

Les jours et les mois à venir pourraient être agités pour Félix Tshisekedi. Tant qu’il ne faisait face qu’à l’opposition politique, il pouvait maintenir une certaine fermeté. Mais avec l’entrée en scène de la CENCO, un acteur majeur de la société civile, les chances de succès de son projet de réforme pourraient être sérieusement compromises. Le président est d’autant plus en difficulté qu’il a lui-même bénéficié par le passé de l’influence de la CENCO lorsque, dans l’opposition, l’Église catholique avait contribué à dissuader son prédécesseur, Joseph Kabila, de chercher à prolonger son mandat en 2017. Il est donc impératif pour le président Tshisekedi de faire preuve de prudence et de sagesse. La République démocratique du Congo est déjà confrontée à des crises humanitaires majeures dans l’Est et à des défis sanitaires comme l’épidémie d’Ebola. Le peuple congolais subit déjà de profondes souffrances, et l’ajout d’une crise politique majeure serait insupportable.