22 juin 2026
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Le procès du général Abdoulaye Miskine au Tchad : une attente judiciaire interminable

Tchad : l’affaire du général Abdoulaye Miskine déprogrammée, le procès toujours bloqué

L’affaire concernant le général Abdoulaye Miskine, dont le véritable nom est Martin Koumtamadji, continue de se heurter à une impasse judiciaire. Initialement inscrite au rôle général de l’audience foraine de la chambre criminelle du lundi 25 mai 2026 à la Cour d’appel de N’Djamena, cette affaire très attendue a finalement été retirée du calendrier, prolongeant ainsi des années de détention sans jugement au Tchad.

Le dossier, répertorié sous le numéro 093/2022, met en cause Abdoulaye Miskine aux côtés d’autres accusés tels qu’Adoum Rakhis, Ringo Djouma et Abdoulaye Gros. Les charges retenues sont graves et incluent l’association de malfaiteurs, la création et la participation à des mouvements insurrectionnels, l’enlèvement, la séquestration, des sévices graves, le viol et l’extorsion de biens. Les infractions auraient été commises dans la localité de Tissi.

Arrêté en novembre 2019 à N’Djamena, Abdoulaye Miskine est incarcéré depuis plus de six ans et demi à la maison d’arrêt de Klessoum, sans qu’un jugement ne soit prononcé. La dernière audience, prévue le 25 mai 2026, a été suspendue. La raison évoquée pour ce report serait le décès inattendu d’un greffier. Depuis lors, aucune nouvelle date n’a été communiquée, ce qui intensifie les questionnements autour de ce dossier particulièrement délicat.

Plusieurs informations recueillies sur place suggèrent que l’affaire a été écartée du calendrier « jusqu’à nouvel ordre ». Des sources proches du dossier mentionnent des pressions politiques qui entraveraient la tenue du procès de l’ancien chef du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), et ce, malgré la longue période de détention et les demandes répétées de ses avocats et de sa famille.

La République Centrafricaine avait sollicité son extradition, mais le Tchad n’a pas accédé à cette demande. Sa participation à l’Accord de paix de Khartoum en 2019 confère une dimension politique et régionale supplémentaire à ce dossier judiciaire déjà complexe.

Son état de santé est également une source de vive préoccupation. Depuis plusieurs années, ses proches alertent sur des problèmes d’insuffisance rénale, d’hypertension artérielle, de troubles de la vision et une perte de poids notable. Il a été hospitalisé à diverses reprises, notamment en 2025, année durant laquelle il avait également entrepris une grève de la faim suite à la confiscation de ses médicaments.

Pour ses partisans, cette situation met en lumière une détention prolongée sans jugement. Du côté des autorités judiciaires, le dossier reste officiellement en attente devant la justice. Cependant, la déprogrammation inopinée de l’audience du 25 mai 2026 ravive les critiques concernant le blocage de cette affaire, qui se situe au carrefour d’enjeux judiciaires, sécuritaires et politiques entre le Tchad et la Centrafrique.

À ce jour, aucune date de reprise du procès n’a été annoncée. L’affaire Abdoulaye Miskine demeure ainsi en suspens, sans perspective claire de jugement, de libération ou d’extradition.