10 juin 2026
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Tripartite RDC-HCR-RCA

La capitale de la République démocratique du Congo abrite, du mardi 9 au jeudi 12 juin, la deuxième rencontre tripartite associant Kinshasa, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et Bangui. Cette réunion est consacrée au rapatriement des ressortissants centrafricains qui ont trouvé refuge sur le sol congolais. Autour de la table, des experts des trois parties examinent les modalités de ce retour massif.

Pierre Atchom, représentant du HCR en RDC, a précisé que 22 604 réfugiés centrafricains dûment enregistrés par voie biométrique sont encore présents sur le territoire congolais. Ils se concentrent principalement dans les provinces du Nord-Ubangi, du Sud-Ubangi et du Bas-Uélé. À ce chiffre s’ajoutent 65 000 nouveaux demandeurs d’asile arrivés en mai 2025 dans la localité de Zapaï, située dans le territoire d’Ango, toujours dans le Bas-Uélé.

Éric Mukandila, secrétaire permanent de la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) et chef de la délégation congolaise, a rappelé que l’opération de retour volontaire des Centrafricains a repris après la pacification des zones jadis en proie à des conflits armés. Ce processus s’appuie sur un accord signé en juillet 2019 entre la RDC, la République centrafricaine et le HCR. Il a également souligné que cet accord a été renforcé par la Déclaration de Yaoundé de 2022, qui prône une approche régionale pour trouver des solutions durables aux déplacements forcés liés à la crise centrafricaine.

Selon le délégué congolais, 40 000 Centrafricains ont déjà pu regagner leur pays entre 2019 et aujourd’hui, dans des conditions de sécurité et de dignité assurées par le HCR en collaboration avec les deux gouvernements. Face à la situation actuelle, qui suscite colère et découragement parmi les candidats au retour, Éric Mukandila estime qu’un examen approfondi est indispensable pour dégager des pistes de solution garantissant un retour sûr et digne.

Mesmin Guenguebe Mbari, conseiller chargé de l’aménagement du territoire centrafricain et chef de la délégation de la République centrafricaine, s’est félicité du retour de plus de 43 % des réfugiés centrafricains vivant en RDC. Il a présenté les prévisions de son pays pour cette année : un retour potentiel de près de 60 000 réfugiés en provenance de divers pays d’asile, grâce à une stratégie novatrice axée sur des pôles de développement dans les zones de retour. Il a appelé à des discussions pragmatiques et franches, suggérant une pause méthodique pour évaluer scientifiquement la réintégration des rapatriés et mesurer l’impact réel de l’aide qui leur a été allouée.