10 juillet 2026
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La date de livraison des deux audits sur les finances publiques du Gabon est arrivée à grande vitesse, mettant ainsi en question la capacité du gouvernement liboville à gérer sa dette publique et ses finances.

Le Comité d'audit et de consolidation des passifs exigibles de l'État, créé le 17 juin dernier par le ministre de l'économie Thierry Minko, doit livrer ses conclusions la semaine prochaine sur un stock de dette publique estimée à environ 8 700 milliards FCFA, soit entre 70 et 74 % du PIB.

De même, la Task force sur la dette publique a documenté depuis six ans un système de surfacturations et de travaux fictifs qui explique en partie l'explosion de la dette intérieure, multipliée par sept entre 2020 et 2023.

La convergence des calendriers des audits n’est pas un hasard. La dette publique gabonaise a accusé une baisse majeure à mi-avril dernier, après que le FMI ait évalué la dette publique à 85,5 % du PIB, au-dessus du plafond de la norme Cemac.

Le spread souverain gabonais est passé de plus de 1 100 points de base en janvier 2026 à 689,60 points de base à mi-avril. Cette détente traduit un pari des marchés sur la trajectoire de transparence engagée par le gouvernement gabonais.

Le rapport d'étape de la Task force chiffrait déjà il y a trois ans, un surcoût de 12 milliards FCFA sur les voiries de Libreville, 2,8 milliards FCFA de surfactisations sur la route Ndjolé-Médouneu, un dérapage de 47% sur le stade d'Oyem. Ces montants forment une part non négligeable du stock que l'audit actuel doit désormais qualifier et consolider.

Le point scrutiné par les investisseurs n’est pas seulement le chiffre final, mais ce qu’il en sera fait. On peut d’ores et déjà s’attendre à une vague de poursuites judiciaires ciblant des décideurs sous le régime d’Ali Bongo.

Libreville présente ces audits comme un préalable indispensable à l’assainissement des finances publiques et que leur issue conditionnera l’accès du pays aux financements concessionnels indispensables à son programme d’investissement.