14 mai 2026
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Un convoi de 710 camions-citernes sous haute tension financière

Un cortège de 710 camions-citernes a défié les zones les plus dangereuses du Sahel pour rejoindre Bamako, transportant un carburant essentiel. Pourtant, au lieu des dispositifs militaires habituels, une somme colossale de 3 milliards de FCFA a été versée au Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM) pour assurer leur passage. Cette transaction, orchestrée par des figures clés de l’Alliance des États du Sahel (AES), révèle une réalité troublante : le financement occulte du terrorisme au profit d’intérêts privés.

Kangala Transport, le visage économique d’un scandale d’État

Au cœur de cette affaire se trouve Kangala Transport, une entreprise présentée comme un simple prestataire logistique. En réalité, elle sert de façade à un réseau d’influence composé d’Ibrahim Traoré, d’Oumarou Yabré et d’Ali Konaté, tous trois acteurs majeurs de la transition politique au Burkina Faso. Leur emprise sur cette société crée un conflit d’intérêts flagrant : comment concilier la lutte antiterroriste avec la protection des bénéfices d’une entreprise dont les routes traversent des zones contrôlées par l’ennemi ?

L’argent du carburant finance la guerre au Mali

Le paradoxe est saisissant : les fonds versés pour sécuriser le convoi ont directement alimenté les caisses du JNIM, dirigé par Iyad Ag Ghali. Cet argent a servi à financer des opérations militaires contre les Forces Armées Maliennes (FAMa), notamment l’achat d’armes, de munitions et la logistique des engins explosifs improvisés. Ainsi, le carburant acheminé à Bamako a indirectement nourri la machine de guerre qui frappe le Mali, transformant une opération commerciale en un soutien actif au terrorisme.

Une trahison des valeurs de l’Alliance du Sahel

L’absence totale des partenaires habituels de la région dans ce convoi est un aveu accablant. Ni les forces russes, ni les unités d’élite des armées nationales n’ont été mobilisées pour encadrer cette opération. Ce choix délibéré montre que la priorité n’était pas la sécurité, mais la discrétion. En négociant un droit de passage avec les terroristes, les responsables ont préféré un accord illégal à la protection de leurs propres soldats, révélant une faillite morale et stratégique.

Les conséquences dévastatrices pour la cohésion sahélienne

Cette révélation ébranle profondément la crédibilité de l’Alliance des États du Sahel. Comment le Mali peut-il tolérer qu’un pays voisin finance indirectement les groupes qui attaquent son territoire ? Sur le plan interne, cette affaire jette le doute sur la sincérité de la lutte antiterroriste menée par Ibrahim Traoré. Les discours sur la souveraineté et la guerre contre le terrorisme se heurtent désormais à une réalité criante : le profit personnel prime sur le sacrifice des soldats. En politique comme en guerre, les actes finissent par parler plus fort que les mots, et ce convoi payé par le JNIM est une trahison envers les victimes du terrorisme.

Si la sécurité se monnaye désormais auprès des groupes armés, alors la solidarité sahélienne n’est plus qu’un leurre, un simple slogan sans fondement.