3 août 2026
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Un engagement de 425 millions de dollars pour moderniser l’axe Douala-Bangui

La Banque mondiale vient de franchir une étape décisive avec le lancement d’un premier financement de 425 millions de dollars pour la construction du corridor routier reliant Douala, au Cameroun, à Bangui, en République centrafricaine. Ce projet, dont les travaux doivent débuter en 2027, vise à transformer l’un des axes commerciaux les plus stratégiques d’Afrique centrale. Avec un tracé de 800 kilomètres, cette infrastructure permettra de fluidifier le transport de marchandises vers la République centrafricaine et le Tchad, dont plus de 70 % des échanges transitent actuellement par cet itinéraire.

Des camions en attente sur l'axe routier reliant Douala au Cameroun à Bangui en République centrafricaine.

Des innovations majeures pour un transport optimisé

Les responsables camerounais et la Banque mondiale ont détaillé les innovations prévues pour ce corridor économique. « Un système de pesée automatisé sera installé sur la voie, permettant une présélection des véhicules suspects de surcharge. Seuls ces camions seront redirigés vers une station de pesée, où les amendes éventuelles seront enregistrées et les reçus imprimés instantanément », explique Donnat Takueté, directeur général des études au ministère des Travaux publics du Cameroun. Cette modernisation vise à réduire les délais de transport, actuellement estimés entre 9 et 12 jours pour relier les deux villes sur 1 400 kilomètres.

Un financement réparti pour un impact régional

Le Cameroun bénéficiera de la majorité des fonds alloués, avec un montant de 425 millions de dollars pour la première phase. La République centrafricaine recevra quant à elle 90 millions de dollars, tandis que la Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) obtiendra un appui régional pour préparer les prochaines étapes du projet. « Ce financement s’inscrit dans une vision à long terme pour renforcer la connectivité entre les pays d’Afrique centrale », précise Anne-Cécile Souhaid, directrice de la division Afrique de l’Ouest et du Centre à la Banque mondiale.

Les tronçons prioritaires au Cameroun

Au Cameroun, trois axes principaux seront concernés : la reconstruction de la route Yaoundé-Douala (215 km), la réhabilitation de la section Yaoundé-Bonis-Ayos (332 km), et celle de Bonis-Bertoua. « Ce programme de 800 kilomètres de routes permettra de répondre aux besoins économiques en facilitant les échanges commerciaux », souligne Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux publics du Cameroun.

Un projet aux retombées économiques et sociales

Ce corridor économique est bien plus qu’une simple infrastructure routière. En plus de fluidifier le trafic, il devrait générer entre 2 000 et 4 000 emplois directs et indirects. Les autorités camerounaises et la Banque mondiale insistent sur l’importance de cette initiative pour dynamiser l’économie régionale. Les 17 postes de contrôle informels, souvent pointés du doigt comme sources de retards, devraient également être rationalisés dans le cadre de ce projet.

Avec un démarrage des travaux prévu pour 2027, ce corridor Douala-Bangui représente une avancée majeure pour l’intégration économique de l’Afrique centrale.