3 juillet 2026
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Le Front démocratique socialiste (FDS) a réagi au décret instaurant l’état d’urgence hydrique au Gabon, entré en vigueur le 1er juillet 2026. Bien que le parti reconnaisse la nécessité de lutter contre le trafic d’eau potable, il met en garde contre les effets néfastes d’une suppression brutale du système de distribution par camions-citernes. Selon lui, cette mesure pourrait aggraver les pénuries d’eau pour une partie de la population.

Dans un communiqué publié le 2 juillet, le FDS, dirigé par Anges Kevin Nzigou, salue la prise de conscience des autorités face à la gravité de la crise hydrique qui touche le pays. Toutefois, le parti s’interroge sur l’efficacité des décisions prises, notamment la saisie de 55 camions-citernes et leur gestion centralisée par les forces de défense et de sécurité.

Une interdiction jugée contre-productive

Pour le FDS, la lutte contre les trafics d’eau est une priorité absolue. Le parti dénonce sans ambiguïté « toute forme d’exploitation illégale de l’eau potable, une violation directe du droit fondamental à l’accès à cette ressource vitale ». Cependant, il souligne que l’interdiction immédiate du système de distribution par camions-citernes survient dans un contexte où le réseau d’alimentation en eau classique reste défaillant, en particulier dans la région du Grand Libreville.

Selon le FDS, malgré certaines dérives, ce mode de distribution alternatif joue un rôle clé pour de nombreux foyers confrontés à des ruptures d’approvisionnement récurrentes. Le parti met en garde : « En l’absence d’alternatives immédiates et fiables, cette interdiction risque d’aggraver la précarité hydrique des Gabonais ». Il s’interroge également sur la pertinence de confier aux forces de sécurité la distribution et la facturation de l’eau, suggérant que cette organisation devrait s’accompagner de garanties de transparence et de responsabilité.

Le FDS propose un encadrement strict plutôt qu’une interdiction

Plutôt que d’opter pour une interdiction générale, le FDS plaide pour une régulation progressive du secteur des camions-citernes. Le parti suggère la mise en place d’un dispositif transitoire incluant des mesures comme l’agrément officiel des distributeurs, la fixation de tarifs encadrés en collaboration avec les acteurs locaux, et la création d’un système de suivi associant les collectivités et la société civile.

Le FDS recommande également de cibler spécifiquement les réseaux frauduleux plutôt que de pénaliser l’ensemble des opérateurs et des usagers, afin de garantir une transition équitable.

Investir dans les infrastructures pour une solution durable

Au-delà des mesures d’urgence, le Front démocratique socialiste appelle les autorités à accélérer les investissements dans la modernisation des infrastructures d’eau. Pour le parti, la résolution de cette crise passe nécessairement par un équilibre entre la lutte contre les pratiques illégales et la garantie d’un accès universel à l’eau potable.

Le FDS conclut en affirmant que « le droit à l’eau ne doit pas être compromis par des décisions précipitées. Il exige une approche concertée, adaptée aux réalités du terrain et inclusive pour tous les Gabonais », comme le précise le communiqué signé par la présidence du parti.