14 juillet 2026
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Pourquoi l’Inter Milan n’a pas pu recruter Khalaili ? Le poids des examens cardiaques en Serie A

Un échec médical bloque le transfert de l’Unioniste Anan Khalaili vers l’Inter. Zoom sur les raisons de ce refus et la rigueur italienne.

Antwerp 22/08/2023 Player Amadou Sabo pictured on 22 august 2023 during the medical testing of Royal Antwerp Football Club

L’Unioniste israélien Anan Khalaili a vu son rêve de rejoindre l’Inter Milan s’envoler après des examens médicaux infructueux. Ce lundi, à l’hôpital Humanitas de Rozzano, en périphérie de Milan, les tests cardiaques complémentaires qu’il devait subir n’ont pas été concluants. Contrairement à d’autres championnats européens, la Serie A impose des critères bien plus exigeants, notamment sur le plan cardiovasculaire. Une particularité qui pourrait lui ouvrir les portes d’un autre championnat moins strict.

Alors que les premiers examens de routine, réalisés ce week-end, semblaient prometteurs, les investigations approfondies ont révélé des anomalies nécessitant des analyses supplémentaires. Les détails restent confidentiels, mais une chose est sûre : le football italien ne transige pas sur la santé des joueurs.

Des examens médicaux stricts : une obligation pour tous les joueurs

En Italie, tout sportif professionnel, qu’il soit déjà sous contrat ou en phase de recrutement, doit se soumettre à une batterie d’examens médicaux dans un centre agréé. Ces tests, réalisés par des professionnels indépendants, visent à garantir que le joueur est en parfaite santé avant de fouler les pelouses.

Si un doute persiste, notamment sur un aspect critique comme le cœur, un spécialiste intervient pour approfondir les analyses. L’objectif ? Éviter tout risque pour l’athlète comme pour les clubs. En Serie A, ces contrôles ne laissent aucune place à l’interprétation. Le verdict final revient à un organisme indépendant, et non au club ou au joueur concerné.

Une législation italienne datant de 1982 et renforcée en 1995

Cette rigueur n’est pas le fruit du hasard. Elle découle d’une loi de 1982, lorsque le ministère italien de la Santé a imposé aux sportifs de haut niveau de se soumettre à des examens médicaux dans des centres désignés. Puis, en 1995, un décret a encore durci les règles, introduisant des examens supplémentaires, notamment des échocardiographies et des tests de stress.

« Le caractère strict de notre protocole peut prêter à débat, reconnaît Paolo Zeppilli, ancien professeur en médecine sportive et cardiologue ayant collaboré avec la fédération italienne. Mais pour nous, c’est un choix éthique. Si un joueur risque sa vie sur le terrain, nous ne pouvons pas l’autoriser à jouer. D’ailleurs, tous les autres championnats devraient adopter une approche similaire. »

Des précédents qui illustrent cette fermeté : Bove et Eriksen

Cette politique a déjà eu des conséquences concrètes. L’Italien Edoardo Bove et le Danois Cristian Eriksen, tous deux victimes d’un arrêt cardiaque en match, n’ont jamais été autorisés à rejouer en Serie A. Bove a subi l’implantation d’un défibrillateur après un malaise survenu lors d’un match, tandis qu’Eriksen a connu le même sort après un arrêt cardiaque lors de l’Euro 2021. Tous deux ont ensuite relancé leur carrière en Angleterre, où les règles sont moins strictes. Pourtant, Eriksen a connu une nouvelle alerte en juin 2024 avec son équipe nationale danoise.

Ces exemples montrent à quel point la Serie A place la barre très haut en matière de sécurité cardiaque. Une position qui peut sembler radicale, mais qui vise avant tout à protéger les joueurs.

Pour l’Israélien Khalaili, cette rigueur italienne pourrait finalement lui permettre de rebondir dans un autre championnat, où les critères médicaux sont moins contraignants. Une issue qui, bien que frustrante à court terme, pourrait s’avérer bénéfique pour sa carrière.