10 juin 2026
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Un rapport publié le 10 juin par Human Rights Watch révèle que le groupe armé M23 a procédé à des recrutements forcés à grande échelle dans l’est de la République démocratique du Congo. L’organisation dénonce également des conditions de détention extrêmement sévères, qui ont entraîné la mort de nombreux captifs.

Des arrestations massives après la chute de Goma et Bukavu

Selon l’enquête de HRW, le M23 a considérablement intensifié ses campagnes de recrutement forcé à la suite de la prise des villes de Goma et Bukavu, au début de l’année 2025. Des milliers de soldats congolais, de combattants de groupes armés locaux et de civils auraient été arrêtés et détenus dans des centres improvisés. Des témoignages recueillis font état d’enlèvements dans les rues, à domicile ou lors de rassemblements dans des écoles et des églises. Les victimes étaient ensuite transférées vers des camps militaires.

Des mineurs de 12 ans parmi les détenus

Le rapport souligne que certains captifs étaient âgés de seulement 12 ans. Nombre d’entre eux auraient été envoyés dans des centres de formation où ils recevaient un entraînement militaire et idéologique destiné à les intégrer dans les rangs du M23. HRW affirme que ces recrutements se faisaient sous la contrainte, les détenus étant menacés de mort s’ils refusaient de rejoindre le groupe.

Des conditions de détention alarmantes

L’ONG décrit des conditions de détention marquées par la surpopulation, le manque de nourriture et d’eau, ainsi que des violences physiques répétées. D’anciens détenus ont déclaré avoir assisté à des décès dus à la faim, à la déshydratation, aux mauvais traitements ou à des exécutions sommaires. Selon HRW, le nombre exact de victimes reste inconnu, mais les témoignages suggèrent que des centaines de personnes pourraient avoir perdu la vie dans ces camps.

Des accusations de complicité rwandaise

Plusieurs témoins ont indiqué avoir identifié des officiers du M23 dans les centres de détention. Certains ont également affirmé que des instructeurs et gardiens étaient de nationalité rwandaise et que certains portaient l’uniforme des forces armées rwandaises. Ces accusations interviennent dans un contexte de fortes tensions régionales, Kigali continuant de rejeter les allégations de soutien militaire direct au M23.