13 mai 2026
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Vue de la ville de N’Djamena

La note souveraine du Tchad a été maintenue à «B-» avec une perspective stable par l’agence de notation S&P, une décision qui confirme la solidité de la stratégie économique du pays, notamment celle du «Plan national de développement Tchad Connexion 2030». Selon le ministère en charge de l’Économie, cette validation reflète la confiance des acteurs financiers dans la résilience économique tchadienne. Celle-ci s’appuie sur une croissance soutenue, un endettement maîtrisé et un soutien continu des partenaires internationaux.

Ferme agricole communautaire intégrée de Milé à Guereda

Croissance économique : des prévisions revues à la hausse

Depuis 2023, le Tchad affiche une reprise économique progressive, portée par la remontée des prix des hydrocarbures et le rebond des secteurs tertiaires. En 2025, l’activité économique a continué de s’amplifier, avec une croissance du PIB réel estimée à 5% par S&P pour l’année en cours. Cette projection dépasse de 1,5 point les prévisions initiales de décembre 2024, qui tablaient sur 3,6 % par an entre 2024 et 2027.

Le Fonds monétaire international (FMI) a également révisé ses estimations à la hausse en décembre 2024, avec une croissance désormais attendue à 5,2% pour le Tchad. Cette embellie s’explique par l’amélioration de la production agricole et la relance des secteurs non pétroliers. Si le secteur pétrolier reste un pilier essentiel, contribuant significativement aux exportations et aux recettes de l’État, l’agriculture et les services dynamisent désormais la demande intérieure.

Puits forés fournissant de l'eau potable

Dette publique : un niveau contenu grâce à des réformes ambitieuses

Le Tchad a réalisé des avancées majeures dans la gestion de sa dette publique. Après une phase de vulnérabilités financières, le pays affiche désormais un ratio d’endettement estimé à 36 % du PIB, un niveau modéré comparé à d’autres économies régionales. En 2022, le Tchad est devenu le premier pays au monde à recourir au cadre commun du G20 pour restructurer sa dette extérieure.

Actuellement, la dette extérieure ne représente plus que la moitié du total et se compose majoritairement de créances concessionnelles, assorties de conditions de remboursement avantageuses. Cette gestion rigoureuse permet au Tchad de dégager une marge de manœuvre financière, d’attirer les investisseurs et de financer les projets phares du «Plan national de développement Tchad Connexion 2030». Les autorités maintiennent une politique budgétaire prudente, combinant soutenabilité de la dette et investissements stratégiques, tout en préservant les dépenses sociales.

Visite du Président Mahamat Idriss Déby Itno au marché central de N'Djamena

Recettes fiscales : une mobilisation en progression

La mobilisation des recettes intérieures constitue un axe central des réformes économiques engagées au Tchad. Le ratio recettes fiscales/PIB, bien qu’encore inférieur à la moyenne régionale, a progressé de manière significative, passant de 9,8 % en 2022 à 13,1 % en 2023, selon les données de l’OCDE. Cette hausse reflète les efforts déployés pour élargir l’assiette fiscale et moderniser l’administration des impôts.

En 2025, les recettes non pétrolières ont dépassé les prévisions initiales, soutenues par la vitalité des secteurs hors hydrocarbures et les mesures issues de l’accord conclu avec le FMI en juillet 2025, évalué à 625,3 millions de dollars. La numérisation des finances publiques et l’amélioration de la gouvernance renforcent l’efficacité de la collecte des impôts. «Cette confirmation de la note par S&P renforce la crédibilité financière du Tchad et facilite l’attraction des investissements privés tout en consolidant la confiance des partenaires internationaux», a déclaré le ministère des Finances.

Pêche sur le lac Tchad

Tchad Connexion 2030 : un plan stratégique pour une économie transformée

Le maintien de la note stable par S&P souligne l’importance de poursuivre les réformes dans plusieurs domaines clés : diversification économique, amélioration de la mobilisation des recettes fiscales et maintien d’un endettement soutenable. Ces enjeux sont au cœur du «Plan national de développement Tchad Connexion 2030», adopté le 29 mai 2025 par le conseil des ministres à l’issue de la transition politique tchadienne.

Cette transition a débuté après le décès du président Idriss Déby Itno en avril 2021 et s’est achevée en mai 2024 avec l’élection du président Mahamat Idriss Déby Itno, marquée par l’adoption d’une nouvelle Constitution et la tenue d’un dialogue national de réconciliation.

Pour concrétiser ce plan, le Tchad a mobilisé 20,5 milliards de dollars auprès de partenaires publics et privés lors d’un sommet à Abu Dhabi en novembre 2025. Ce financement permettra de déployer 268 projets transversaux dans le cadre de 17 programmes structurés autour de quatre axes majeurs :

  • Développement des infrastructures stratégiques : électricité, eau, routes et télécommunications.
  • Renforcement des politiques sociales : éducation, santé, formation professionnelle, emploi des jeunes et inclusion.
  • Diversification économique : promotion de filières exportatrices dans l’agriculture, l’élevage, la pêche, les hydrocarbures, les mines et le tourisme, avec une valorisation locale accrue.
  • Amélioration du climat des affaires : simplification administrative et attractivité des investissements.
Centrale de Farcha