7 septembre 2026
1ad3f091-a699-4f26-8212-db57fa83f1be

Crise politique au Sénégal : le ministre Abdourahmane Diouf dénonce le double jeu d’Ousmane Sonko

Crise politique au Sénégal : le ministre Abdourahmane Diouf dénonce le double jeu d’Ousmane Sonko

Le Dr Abdourahmane Diouf, figure majeure de la coalition KIIRAAY / Les Patriotes Républicains, accuse Ousmane Sonko de manipulation des discours religieux pour servir une stratégie politique. Selon lui, les promesses faites aux guides religieux lors de sa tournée dans les cités religieuses n’ont aucun lien avec le contenu de sa proposition de loi à l’Assemblée nationale.

La réforme des crédits spéciaux, au cœur des tensions parlementaires, vient d’être au centre d’une nouvelle passe d’armes entre le pouvoir exécutif et la majorité présidentielle. Le Dr Abdourahmane Diouf, ministre du Pétrole et adjoint au superviseur général de sa coalition, a vivement critiqué la proposition de loi portée par Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale. Pour lui, cette initiative reflète un manque flagrant de cohérence entre les déclarations publiques et les actions législatives.

Le ministre s’appuie sur deux articles clés de la proposition parlementaire pour étayer ses accusations. L’article 2 restreint l’utilisation des crédits spéciaux aux seuls domaines de la défense, de la sécurité et du renseignement, tandis que l’article 5 exclut explicitement les dépenses sociales. Une telle orientation, selon lui, revient à nier toute solidarité envers les populations les plus vulnérables. Il qualifie cette approche de « crédits anti-sociaux et anti-religieux », soulignant que cette restriction prive les foyers religieux et les associations caritatives de tout soutien financier.

Un contraste saisissant entre les discours et les actes

Le Dr Abdourahmane Diouf met en lumière l’écart entre les discours d’Ousmane Sonko lors de sa tournée dans les cités religieuses et le contenu réel de sa proposition de loi. Pour lui, ces déclarations publiques, où il met en avant les valeurs de solidarité et d’entraide, sont en contradiction totale avec le texte soumis au vote des députés. Il dénonce un « problème moral profond », soulignant que cette dualité des messages porte atteinte à la crédibilité des institutions.

L’exécutif salue une approche plus équilibrée

À l’opposé, le ministre salue les amendements apportés par l’Exécutif, qui réintroduisent des mesures de préservation de l’ordre social et des valeurs humanitaires. Il résume sa position par une formule choc : « Là où l’Assemblée exclut, l’Exécutif inclut ». Pour lui, ces modifications représentent un retour à des principes de solidarité et d’équité, conformes aux attentes des Sénégalais.

Un rappel des responsabilités politiques

Le Dr Abdourahmane Diouf n’hésite pas à rappeler à Ousmane Sonko ses propres pratiques passées. Il l’accuse d’avoir utilisé sans réserve les fonds politiques lorsqu’il dirigeait la Primature, et l’appelle à assumer les conséquences de son texte actuel. Dans un ton solennel, il lance : « Assumez votre discrimination envers nos foyers religieux dans le fléchage des fonds politiques ! La République ! Rien que la République ! »