Crise diplomatique au Burkina Faso : la France retire tous ses diplomates
Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé le retrait complet de ses diplomates en poste au Burkina Faso début juillet. Cette décision intervient après l’annonce par Ouagadougou de la rupture unilatérale des relations diplomatiques avec la France.

Tous les diplomates français présents au Burkina Faso ont quitté le pays en fin de semaine dernière. En réponse, le personnel diplomatique burkinabè doit quitter la France avant ce lundi 6 juillet minuit, conformément à une décision prise dans un esprit de réciprocité par le Quai d’Orsay.
Le chargé d’affaires du Burkina Faso à Paris a été convoqué au ministère français lundi dernier, après l’annonce le 26 juin par les autorités locales de la rupture des relations avec Paris. « Il lui a été signifié, dans un esprit de réciprocité, que le personnel diplomatique burkinabè devrait également quitter la France sous sept jours », a précisé le Quai d’Orsay.
Une décision qualifiée d’hostile par la France
Le ministère français a dénoncé une décision « hostile et sans fondement », accusant les autorités burkinabè de s’engager dans une dérive préoccupante. « Nous regrettons cette décision et en avons tiré les conséquences », a-t-il déclaré sans ambiguïté.
Paris a également réfuté avec fermeté les allégations selon lesquelles la France soutiendrait des groupes terroristes au Burkina Faso. Ces accusations, jugées « complètement fausses », avaient été avancées par Ouagadougou pour justifier la rupture des relations.
Le Quai d’Orsay a réaffirmé son opposition ferme aux attaques terroristes ainsi qu’aux exactions commises contre les civils dans la région du Sahel. Il a rappelé l’engagement historique de la France dans la lutte antiterroriste, payé par un lourd tribut humain et financier.
Vigilance renforcée pour les ressortissants français
Dans ce contexte tendu, le ministère a appelé les ressortissants français au Burkina Faso à redoubler de prudence. Plus de 2 000 Français sont inscrits au registre consulaire dans le pays, tandis que plus de 6 000 Burkinabè vivent en France.
Un tournant souverainiste sous la junte Traoré
Depuis son arrivée au pouvoir par un coup d’État en septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré mène une politique souverainiste et répressive au Burkina Faso. Son gouvernement accuse régulièrement la France d’« activisme incessant » contre ses intérêts nationaux.
Dès 2023, la junte avait exigé le rappel de l’ambassadeur français à Ouagadougou, dénoncé l’accord militaire avec Paris et obtenu le départ des troupes françaises engagées contre les groupes jihadistes. Depuis, les relations se sont encore dégradées, avec une orientation vers de nouveaux partenariats comme la Russie, la Turquie ou l’Iran.
Cette crise diplomatique s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre Ouagadougou et ses anciens partenaires occidentaux, marquant un tournant dans la politique étrangère du Burkina Faso.