7 septembre 2026
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crise diplomatique espagne-Maroc : le pp exige des comptes sur sebta et melilla

La nuit du 30 au 31 juillet 2026 a marqué un tournant dans les relations entre l’Espagne et le Maroc. Les déclarations du ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, sur le statut des villes de Sebta et Melilla, ont ravivé les tensions et déclenché une réaction politique sans précédent à Madrid.

Jaime de los Santos

Jaime de los Santos

Les mots d’Abdellatif Ouahbi, prononcés mardi dernier lors d’un entretien à Asharq Bloomberg, ont fait l’effet d’un séisme politique. Le responsable marocain a réaffirmé la volonté de Rabat d’engager des négociations avec Madrid concernant le statut des deux présides, qu’il considère comme marocains. Une position inacceptable pour une partie de la classe politique espagnole, qui y voit une remise en cause de la souveraineté nationale.

Le ministre a également pointé du doigt la gestion de la crise migratoire par l’Espagne, notamment le retour des mineurs marocains non accompagnés, tout en rappelant que le Maroc ne pouvait assumer le rôle de « gendarme migratoire » pour le compte de l’Union européenne. Des propos qui ont immédiatement relancé les tensions à la frontière de Sebta, où des milliers de migrants ont tenté de franchir la clôture en juillet.

Face à cette escalade, le Parti populaire (PP) a choisi de frapper fort. Lors d’une déclaration à Barcelone, le député Jaime de los Santos a vivement critiqué l’inaction du gouvernement espagnol. Il a souligné qu’Madrid n’avait pas hésité, quelques semaines plus tôt, à convoquer l’ambassadeur d’Italie après la suspension de l’accord de Schengen par Rome. Une fermeté qui, selon lui, fait cruellement défaut dans la relation avec le Maroc, alors que les déclarations d’Ouahbi et l’afflux migratoire à Sebta auraient dû, selon lui, déclencher une réaction tout aussi énergique.

Le PP ne se contente pas de réclamer la convocation de l’ambassadrice du Maroc. Le parti a déposé une série de questions écrites au Congrès, exigeant du ministre de la Présidence et de la Justice, Félix Bolaños, des éclaircissements sur les échanges récents entre Madrid et Rabat. Les conservateurs veulent savoir quelles suites seront données aux propos d’Ouahbi concernant Sebta et Melilla, mais aussi sur la gestion globale de la crise migratoire.

Autre point de friction : la menace, brandie par le ministre marocain, de suspendre l’accord d’extradition entre les deux pays. Un outil jugé essentiel par le PP pour organiser le retour des migrants ayant franchi la frontière illégalement. Une position qui illustre la complexité du dossier, où diplomatie, souveraineté et enjeux migratoires s’entremêlent.

Pour l’heure, le gouvernement de Pedro Sánchez reste silencieux. Une absence de réaction qui pourrait bien alimenter les critiques de l’opposition, déjà en embuscade pour transformer cette crise en un nouveau dossier de politique intérieure. Le Maroc, de son côté, campe sur ses positions, laissant planer le doute sur l’issue de ce bras de fer diplomatique.