7 septembre 2026
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Crise au Mali : près de 40 000 déplacés par les violences dans le Nord et le Centre

Depuis la fin du mois d’avril, la recrudescence des combats et des bombardements dans plusieurs régions du Mali a poussé près de 40 000 personnes à fuir leurs foyers. Les villes de Gao et Ménaka, situées dans le nord du pays, accueillent désormais une partie de ces familles en détresse.

Mali : près de 40 000 personnes déplacées par la reprise des combats dans le Nord et le Centre

La situation sécuritaire au Mali s’est brusquement dégradée, entraînant le déplacement de près de 40 000 personnes depuis fin avril. D’après les acteurs humanitaires, locaux et sécuritaires sur le terrain, cette vague de violence marque l’une des pires crises depuis plusieurs années. Les zones les plus touchées par les combats incluent le Nord et le Centre du pays, où des milliers de familles ont été contraintes de quitter leurs villages.

Parmi les nouveaux déplacés, environ 15 000 ont trouvé refuge à Gao et Ménaka. Dans cette dernière ville, un élu local confirme l’arrivée de plus de 7 000 personnes en l’espace de trois mois seulement.

Kidal, épicentre d’une offensive majeure

L’intensification des violences trouve son origine dans une offensive conjointe menée par des groupes armés. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA) ont lancé une attaque d’envergure, s’emparant notamment de la ville stratégique de Kidal. Les combats se sont ensuite étendus à d’autres secteurs clés, comme Anéfis, aggravant encore la crise humanitaire.

Pour les populations locales, ces affrontements répétés signifient des déplacements forcés, l’abandon de leurs terres et un accès de plus en plus limité aux services de base.

Des bombardements qui aggravent la situation

Depuis deux semaines, l’armée malienne a intensifié ses frappes aériennes dans des zones comme Tinzawatene, près de Kidal. Selon une source sécuritaire, certaines de ces frappes auraient endommagé des centres de santé et provoqué de nouveaux départs. Ces informations, bien que non vérifiables de manière indépendante, reflètent une réalité alarmante : l’augmentation constante des déplacements vers des villes déjà saturées.

Gao et Ménaka en première ligne face à l’afflux de déplacés

L’arrivée massive de déplacés représente un défi colossal pour les autorités locales et les organisations humanitaires. Ces familles, principalement originaires de Kidal, ont besoin d’un hébergement, de nourriture, d’eau potable, de soins médicaux et d’un soutien pour les enfants. Cette crise survient alors que le Mali compte déjà plus de 400 000 personnes déplacées internes, un chiffre que les acteurs humanitaires jugent sous-estimé. La nouvelle vague de violences risque donc d’aggraver une situation humanitaire déjà précaire.

Une crise sécuritaire persistante depuis 2012

Le Mali est en proie à une crise sécuritaire depuis 2012, marquée par l’émergence de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi que par des conflits communautaires et indépendantistes. Depuis les deux coups d’État de 2020 et 2021, les autorités de transition ont fait de la restauration de la sécurité leur priorité absolue. Pourtant, la reprise récente des combats illustre les limites de cette stratégie.

Alors que les habitants du Nord avaient déjà subi plusieurs vagues de déplacements au fil des années, des milliers de Maliens sont à nouveau contraints de fuir les violences. Pour Gao et Ménaka, l’enjeu est désormais d’accueillir ces familles sans disposer des ressources nécessaires. Quant aux populations des zones de combat, une question reste en suspens : combien de temps pourront-elles encore rester chez elles ?