24 juillet 2026
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La CPI recueille des témoignages clés dans les camps de l’Est tchadien

Du 6 au 7 juillet, la procureure adjointe de la Cour pénale internationale, Nazhat Shameem Khan, a mené une mission d’envergure au Tchad. Son objectif ? Rencontrer les communautés réfugiées en provenance du Darfour, victimes des violences persistantes au Soudan. Au cœur de cette démarche : l’écoute directe des survivants et des victimes, afin d’intégrer leurs récits dans le processus judiciaire en cours.

« Chaque témoignage compte. Nous œuvrons pour que ces voix, souvent ignorées, soient au centre de notre action », a souligné la haute responsable lors de ses échanges avec les déplacés. Les camps de l’Est tchadien abritent des milliers de personnes ayant fui les exactions commises à l’Ouest-Darfour, où les crimes documentés par la CPI incluent violences sexuelles comme stratégie de guerre, exécutions sommaires, tortures et déplacements massifs de populations.

Des crimes aux conséquences durables

Dans une vidéo tournée sur place, Nazhat Shameem Khan a mis en lumière l’ampleur des séquelles laissées par ces atrocités : « Les conséquences de ces crimes ne s’effacent pas. Vingt ans après le début de cette crise, des familles continuent de subir les traumatismes des violences endurées. La CPI en a pleinement conscience. »

N’Djamena et la CPI renforcent leur collaboration

La mission s’est poursuivie par des rencontres officielles avec les autorités tchadiennes. En tête des discussions, le ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, Abdoulaye Sabre Fadoul, et le ministre de la Justice, Ndolenodji Alixe Naimbaye. Les échanges ont porté sur des thèmes cruciaux : la lutte contre l’impunité, la protection des témoins et la prise en charge des crimes liés au genre.

Le Tchad, qui accueille le plus grand nombre de réfugiés soudanais, a réitéré son engagement à soutenir les enquêtes de la CPI. Cette coopération s’inscrit dans un contexte où la Cour intensifie ses investigations sur les crimes attribués aux Forces de soutien rapide (RSF) et à d’autres groupes armés au Darfour.

Une priorité : la justice pour les victimes

La CPI insiste sur la nécessité de documenter ces violations avec rigueur, en garantissant la sécurité des victimes et des témoins, notamment les femmes et les survivantes de violences sexuelles. En sillonnant les camps et en dialoguant avec les autorités locales, la Cour réaffirme sa détermination à fonder la justice internationale sur des preuves tangibles et des récits authentiques.

Les deux parties ont convenu de poursuivre et d’approfondir leur partenariat pour traduire en justice les responsables présumés de ces crimes et offrir une lueur d’espoir aux populations affectées.