15 mai 2026
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La Côte d’Ivoire accueille la troisième édition de son salon dédié aux téléphones et applications mobiles, un événement qui s’impose comme le creuset d’une filière numérique locale et internationale. À Abidjan, fabricants, éditeurs, opérateurs télécoms et acteurs institutionnels se réunissent pour structurer un écosystème mobile en pleine expansion. Avec le smartphone comme principal vecteur d’accès à internet, ce salon confirme le rôle central du terminal mobile dans l’économie ivoirienne.

Cette édition 2024 marque une étape décisive après deux premières sessions qui ont jeté les bases d’un dialogue entre l’industrie et les pouvoirs publics. Dans un marché des télécoms en pleine croissance, porté par une demande accrue en services data et trois opérateurs majeurs, le salon se positionne comme une vitrine pour les start-up locales. Ces jeunes pousses, encore émergentes, sont perçues comme un levier de création d’emplois qualifiés et de diversification économique. L’objectif ? Faire de Abidjan une plateforme incontournable pour les acteurs du numérique en Afrique de l’Ouest francophone.

Un secteur mobile ivoirien en pleine transformation

Le marché des télécommunications en Côte d’Ivoire affiche une dynamique remarquable, avec un taux de pénétration mobile dépassant les 150 %. Le téléphone portable est désormais bien plus qu’un outil de communication : il sert aux paiements, à l’accès aux services administratifs et à la consommation de contenus. Cette omniprésence en fait un pilier de l’économie numérique, où se croisent intérêts commerciaux, enjeux de régulation et innovations technologiques.

Le salon met en avant cette chaîne de valeur, de l’importation et de l’assemblage des appareils à la création d’applications adaptées aux besoins locaux. Des solutions sont présentées pour des secteurs clés comme l’agriculture, la santé, l’éducation ou encore le e-commerce. Ces technologies mobiles comblent parfois les lacunes d’infrastructures plus traditionnelles. Cependant, la dépendance aux terminaux importés et aux systèmes d’exploitation étrangers soulève des questions sur la souveraineté numérique du pays.

Applications locales : entre opportunités et défis

Le développement d’applications mobiles 100 % ivoiriennes constitue l’un des temps forts de cette édition. Le ministère de l’Économie numérique pousse pour l’émergence de champions nationaux capables de capter une part de la valeur générée par les usages mobiles. Aujourd’hui, les plateformes internationales comme Google et Apple captent une grande partie des revenus via leurs commissions, pesant sur la rentabilité des développeurs locaux.

Malgré ces obstacles, plusieurs initiatives locales dans les domaines du mobile money, de la mobilité urbaine ou de la livraison démontrent le potentiel de l’écosystème ivoirien. Le salon offre à ces start-up une visibilité accrue auprès d’investisseurs et de grands comptes, tout en mettant en lumière les défis persistants. Le financement reste un point bloquant, les jeunes entreprises de la zone franc peinent à trouver des fonds locaux et se tournent vers des marchés comme Lagos, Nairobi ou Paris pour lever des capitaux.

Abidjan à l’assaut du leadership numérique régional

Au-delà de son aspect commercial, ce salon joue un rôle stratégique pour Abidjan, qui ambitionne de concurrencer Dakar et Lagos comme hub numérique en Afrique de l’Ouest. La participation de délégations venues d’autres pays de la CEDEAO renforce cette ambition. Les opérateurs panafricains tels qu’Orange, MTN et Moov Africa y présentent leurs offres intégrées, combinant terminaux subventionnés et services innovants.

Pour les autorités ivoiriennes, cet événement s’inscrit dans une vision plus large : faire de l’économie numérique un moteur de croissance via le Plan national de développement. Les retombées attendues couvrent la formation de talents, l’attractivité pour les investissements étrangers et la stimulation des ventes de terminaux en fin d’année. Les exposants misent sur cette période pour dynamiser leur chiffre d’affaires, tandis que le pays renforce son positionnement sur l’échiquier technologique africain.