13 juin 2026
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La Côte d’Ivoire accueille la neuvième édition du RAPDP pour une Afrique numérique plus sûre

Du 18 au 21 mai 2026, Abidjan a été le théâtre d’un événement phare pour le continent africain : la neuvième conférence internationale du Réseau africain des autorités de protection des données personnelles (RAPDP). Réunissant plus de trente pays, dont vingt-quatre délégations africaines, cette rencontre a mobilisé des experts internationaux, des acteurs privés et des institutions spécialisées. Sous le haut patronage du ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, l’ouverture officielle a lancé quatre jours de débats centrés sur les enjeux cruciaux de l’intelligence artificielle, des plateformes numériques et de la biométrie.

Une déclaration stratégique pour encadrer la révolution numérique africaine

Le cœur de cette conférence réside dans l’adoption de la Déclaration d’Abidjan 2026-2030, un texte fondateur visant à tracer les grandes lignes de la gouvernance numérique en Afrique. Parallèlement, les instances dirigeantes du RAPDP ont été renouvelées, marquant un tournant dans la stratégie continentale. Amadou Hiro, président du réseau, a plaidé pour une souveraineté numérique collective, fondée sur une coopération renforcée entre les États. Le ministre a, quant à lui, rappelé que le thème « Réguler sans freiner l’innovation » invite à concevoir des cadres réglementaires équilibrés, adaptés aux réalités africaines, pour concilier protection des citoyens et développement technologique.

La protection des données, un pilier de la confiance numérique

Roger Félix Adom, président du Conseil de régulation de l’Autorité de régulation des télécommunications/TIC (ARTCI), a mis en lumière les dimensions humaines et sécuritaires de la gestion des données. Pour lui, la protection des données personnelles ne se limite pas à des aspects techniques ou juridiques : elle impacte directement la vie privée, la dignité et la liberté des individus, tout en renforçant la confiance envers les institutions publiques. Il a insisté sur le fait que la régulation doit être perçue comme un levier de progrès, et non comme un obstacle, pour stimuler l’innovation au sein de l’écosystème numérique africain.

La Côte d’Ivoire, exemple de conformité et de proactivité

Les autorités ivoiriennes ont illustré leur engagement avec un bilan réglementaire concret. Depuis 2013, la loi sur la protection des données à caractère personnel encadre le paysage national. Dès 2015, des campagnes de sensibilisation ont été déployées, suivies par des contrôles de conformité en 2022. En 2026, une nouvelle étape est franchie avec la création du fichier national des correspondants chargés de la protection des données. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’une harmonisation des pratiques à l’échelle continentale, face aux défis posés par les mutations technologiques mondiales.