15 juillet 2026
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actualité Afrique

coopération économique Cameroun-Algérie : des accords prometteurs pour les deux pays

Le Cameroun et l’Algérie tissent des liens économiques de plus en plus solides, avec des projets concrets dans l’agroalimentaire et des opportunités commerciales en hausse pour les deux nations.

Un avion atterrissant à l'aéroport de Douala, symbole des échanges renforcés entre le Cameroun et l'Algérie

Une rencontre stratégique s’est tenue à Yaoundé pour dynamiser les échanges entre le Cameroun et l’Algérie. Le ministre du Commerce camerounais, Luc Magloire Mbarga Atangana, a échangé avec Abdallah Boukemmache, ambassadeur de la République Algérienne Démocratique et Populaire au Cameroun, accompagné de Abdel Khemane, PDG de la Holding MADAR, un géant économique algérien présent dans plusieurs secteurs.

Avec plus de 6 000 employés répartis dans onze filiales et quatorze participations, la Holding MADAR s’impose comme un acteur majeur en Algérie, notamment dans les domaines du tabac, des véhicules, des pièces détachées, de l’agroalimentaire et de l’agriculture. Premier importateur de banane et de café en Algérie, ce groupe public est un partenaire clé pour le Cameroun, qui cherche à renforcer sa présence sur le marché africain.

Abdel Khemane a souligné l’ambition de sa structure : « Depuis mon arrivée au Cameroun, je m’emploie à développer des partenariats avec les entreprises locales. Mon objectif ? Importer des produits camerounais emblématiques comme la banane et le café, tout en investissant significativement dans ces filières et d’autres secteurs porteurs, sous réserve de l’accord des autorités camerounaises. La Holding MADAR, grâce à ses ressources financières importantes, est prête à s’engager pleinement. »

Les relations bilatérales entre les deux pays, déjà solides sur les plans politique et commercial, vont connaître un nouveau souffle avec la prochaine tenue de la 5e session de la Commission mixte de coopération économique à Yaoundé. Plusieurs accords sont en cours de finalisation, comme l’a confirmé l’ambassadeur algérien : « Nous travaillons sur plus de 15 accords couvrant divers domaines économiques. Mais notre démarche ne se limite pas à la signature : nous sommes ici pour concrétiser ces engagements en boostant les échanges commerciaux. L’Algérie ne se contente pas d’exporter vers le Cameroun, elle investit aussi localement et importe des produits camerounais. »

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la liaison aérienne Alger-Douala est désormais desservie quatre fois par semaine, les visas consulaires délivrés par l’ambassade d’Algérie à Yaoundé ont augmenté de plus de 150 %, et les exportations camerounaises vers l’Algérie ont progressé de 107 % entre 2023 et 2024.

Des opportunités élargies pour l’économie camerounaise

Si la banane et le café restent au cœur des discussions, d’autres secteurs prometteurs retiennent l’attention des deux parties. Le ministre du Commerce camerounais a mis en avant le cacao et le coton, deux filières où la Holding MADAR a déjà exprimé son intérêt pour des investissements, tant en exportation qu’en transformation locale. « Nous sommes prêts à investir massivement dans ces domaines, en collaboration avec les acteurs camerounais », a déclaré Abdel Khemane.

Des rencontres décisives pour accélérer les échanges

Deux réunions clés sont prévues à Douala le 9 juillet pour avancer sur ces projets : une avec l’Office National du Cacao et du Café (ONCC) et le Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café (CICC) pour le café, et une autre avec la Société des Plantations du Haut Penja (PHP) pour la banane. L’objectif ? Démarrer sans délai les opérations d’exportation, une fois les accords signés.

En marge de cette visite, il a été annoncé l’organisation prochaine d’un forum d’affaires algéro-camerounais, mené par le président du patronat algérien. Cet événement, qui réunira une délégation d’hommes d’affaires algériens, marquera une étape supplémentaire dans la concrétisation des partenariats entre les deux pays. Une avancée majeure pour les opérateurs économiques camerounais, qui pourraient ainsi tirer profit de ces nouvelles dynamiques commerciales.