17 juillet 2026
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À Rabat, les relations entre la France et le Maroc ont atteint un niveau inédit de cordialité. Lors d’une visite officielle du Premier ministre français Sébastien Lecornu, les deux pays ont affiché leur volonté de renforcer leur coopération bilatérale, marquée par un réchauffement diplomatique initié en 2024.

Le chef du gouvernement français a salué un bilan « particulièrement encourageant » des échanges franco-marocains. Cette dynamique positive s’est concrétisée après la reconnaissance par Emmanuel Macron de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, une décision qui a mis fin à une période de tensions persistantes.

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu (g) et son homologue marocain Aziz Akhannouch lors d'une conférence de presse à Rabat

Emmanuel Macron avait été accueilli en grande pompe à Rabat en octobre 2024, scellant ainsi la fin de trois années de relations glaciales. Cette rencontre avait abouti à la signature d’un « partenariat renforcé », accompagné de plusieurs contrats commerciaux majeurs.

Cependant, un consortium de médias internationaux a révélé de nouvelles allégations concernant l’utilisation présumée du logiciel Pegasus par le Maroc pour des activités d’espionnage. Rabat a immédiatement démenti ces accusations, les qualifiant de « totalement infondées ».

La rencontre entre Sébastien Lecornu et Aziz Akhannouch, initialement prévue pour une conférence de presse, s’est finalement limitée à des déclarations limitées aux journalistes, sans temps d’échange.

Un partenariat diplomatique inédit

Interrogés sur ces révélations, les responsables français et marocains ont choisi le silence. Au sein de la délégation française, certains minimisent ces allégations, les présentant comme des « affaires anciennes ».

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu lors d'une séance plénière avec des ministres marocains à Rabat

« Notre priorité reste l’approfondissement de la coopération et la consolidation de la confiance mutuelle », a déclaré un proche collaborateur du président français.

Le roi du Maroc a, pour sa part, salué dans un message adressé à Emmanuel Macron à l’occasion du 14-Juillet, la « solidité » des liens entre les deux nations. Une visite royale en France est évoquée, ainsi que la signature d’un traité bilatéral « exceptionnel », le premier du genre hors Union européenne. Aucune date n’a encore été arrêtée pour ce déplacement.

Sébastien Lecornu était accompagné de douze ministres, dont ceux des Affaires étrangères et de l’Intérieur, pour cette 15e édition de la « rencontre de haut niveau », un événement qui n’avait plus eu lieu depuis 2019.

Sécurité et coopération au Sahel : une nouvelle alliance

À l’issue des échanges, le Premier ministre français a qualifié cette rencontre de « tournant décisif ». Il a exprimé son souhait de « donner une nouvelle dimension » aux relations franco-marocaines, notamment sur les enjeux sécuritaires et la lutte contre le terrorisme.

Concernant les visas, source de tensions passées, Sébastien Lecornu a indiqué que Paris souhaitait désormais « fluidifier les mobilités » entre les deux pays, en particulier pour les entrepreneurs et les étudiants.

« Les services de sécurité français et marocains collaborent de manière exemplaire », a-t-il souligné, évoquant des résultats « historiques » dans la lutte contre la criminalité organisée et le trafic de stupéfiants ces dernières semaines.

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu arrivant au Mausolée royal de Rabat

Il a par ailleurs insisté sur l’importance stratégique du continent africain, où les deux pays sont engagés face à la menace terroriste au Sahel. « Nous avons tout intérêt à renforcer notre présence conjointe dans cette région », a-t-il déclaré.

Aziz Akhannouch a, quant à lui, salué un partenariat désormais « ancré dans une vision commune », basé sur une « confiance renouvelée » et des ambitions partagées.

Le Maroc occupe désormais une place centrale dans la stratégie diplomatique française au Maghreb, Paris privilégiant désormais cette relation au détriment d’un équilibre avec Alger.

Sur le front sécuritaire au Sahel, la France semble vouloir miser davantage sur son partenaire marocain, alors que l’Algérie reste en retrait malgré une reprise des échanges franco-algériens.

Douze accords ont été signés lors de cette visite, dont un appel à projets pour renforcer l’interconnexion électrique entre les deux pays. Rabat a également conclu des conventions de financement avec l’Agence française de développement pour des projets d’adduction d’eau et la création d’une ligne de RER à Rabat.