23 juin 2026
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Cohabitation politique tendue au Sénégal entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko

Le duo Diomaye Faye-Ousmane Sonko, qui n’a duré que deux ans, a pris fin brutalement. Le président Bassirou Diomaye Faye a écarté Ousmane Sonko de la Primature. Désormais président de l’Assemblée nationale, ce dernier a également été reconduit à la tête du Pastef, parti majoritaire au Parlement, mais absent du gouvernement. Comment en est-on arrivé là ? Cette rupture annonce-t-elle une cohabitation difficile ? Et surtout, ces tensions ne risquent-elles pas de reléguer au second plan les priorités des citoyens sénégalais ?

Ousmane Sonko (à gauche) et Bassirou Diomaye Faye (à droite) lors d’une réunion au palais présidentiel de Dakar le 16 octobre 2025

Analyse des invités de ce débat politique

Invités

  • Abdoulaye Tine, ministre conseiller et porte-parole de la Présidence de la République.
  • Amadou Ba, ancien ministre de la Culture, député et secrétaire national chargé de la Communication du Pastef.
  • Babacar Ndiaye, analyste politique et directeur de recherche au think tank Wathi.

Les origines de la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko

La fin prématurée du tandem Diomaye Faye-Sonko a surpris l’ensemble de la classe politique sénégalaise. Plusieurs facteurs expliquent cette séparation soudaine. D’abord, des divergences stratégiques sur la gouvernance et les priorités nationales ont émergé, créant des tensions persistantes entre les deux figures du pouvoir. Ensuite, la position d’Ousmane Sonko, redevenu président du Pastef, parti majoritaire à l’Assemblée nationale, mais exclu du gouvernement, reflète une volonté du président Diomaye Faye de recentrer l’action politique autour de son équipe.

Cette exclusion du gouvernement soulève des questions sur la viabilité d’une cohabitation entre un président et un leader parlementaire issu du même mouvement politique. Les enjeux sont désormais multiples : comment éviter une paralysie institutionnelle ? Les priorités économiques et sociales des Sénégalais seront-elles maintenues malgré ces tensions ?

Les défis d’une cohabitation sous haute tension

Une cohabitation politique entre un président et un Premier ministre issus de sensibilités différentes est déjà complexe. Dans ce cas précis, le contexte est encore plus délicat, car les deux hommes partagent la même étiquette politique. Leur rupture remet en cause la cohésion du mouvement et interroge sur l’avenir du Pastef, dont Ousmane Sonko reste une figure incontournable.

Les risques sont nombreux : blocage des institutions, ralentissement des réformes attendues par la population, ou encore polarisation accrue de la vie politique. Les citoyens sénégalais, qui aspirent à des solutions concrètes pour l’emploi, l’éducation et la santé, pourraient voir leurs attentes mises de côté au profit de calculs politiques.

Face à cette situation, les observateurs s’interrogent : cette crise annonce-t-elle une recomposition du paysage politique sénégalais ? Ou bien les deux leaders parviendront-ils à trouver un terrain d’entente pour préserver la stabilité du pays ? Une chose est sûre : l’enjeu dépasse largement les querelles partisanes et touche aux fondements mêmes de la démocratie sénégalaise.