Derrière l’arrivée de plus de 600 Nigérians dans le Nord-Ouest du Cameroun se cache une mécanique bien rodée : celle de conflits agriculteurs-éleveurs qui, cycle après cycle, vident des villages entiers du Nord du Nigeria. Décryptage d’un phénomène qui en dit long sur les fragilités d’une région frontalière.
Un afflux révélateur à Nwa, dans le Donga-Mantung
Ils sont plus de 600, femmes et enfants en majorité, à avoir franchi la frontière nigériane pour trouver asile à Nwa, une localité située dans le département du Donga-Mantung, région du Nord-Ouest du Cameroun. Leur point de départ : le Nord du Nigeria, où les affrontements entre agriculteurs Mambila et éleveurs peuls ont repris de plus belle.
À leur arrivée, les autorités locales ont pris en charge ces populations. Le sous-préfet de Nwa, Esapa Jim Esapa, a personnellement supervisé leur accueil. Il indique avoir évalué la situation et travailler main dans la main avec la mairie pour mettre en place les mesures nécessaires, afin que ces réfugiés puissent vivre dans des conditions dignes.
Les causes profondes d’une fuite en cascade
Une conflictualité agriculteurs-éleveurs qui ne faiblit pas
Le conflit entre communautés agricoles et pastorales au Nigeria n’a rien d’un épisode isolé. Il se répète, s’intensifie, et pousse à chaque fois des milliers de personnes à chercher refuge de l’autre côté de la frontière camerounaise. Cette récurrence explique pourquoi plusieurs vagues de réfugiés nigérians se sont installées sur le territoire du Cameroun au fil des années.
Une pression croissante sur le Nord-Ouest camerounais
Pour les autorités du Nord-Ouest du Cameroun, déjà confrontées à une crise sécuritaire persistante, cet afflux constitue une charge supplémentaire. L’accueil de ces populations déplacées vient s’ajouter à des défis déjà nombreux, dans une région où les ressources et les capacités d’intervention sont mises à rude épreuve.
Ce qu’il faut retenir
- Plus de 600 Nigérians ont trouvé refuge à Nwa, dans le Donga-Mantung, région du Nord-Ouest du Cameroun.
- Ils fuient les conflits récurrents entre agriculteurs Mambila et éleveurs peuls dans le Nord du Nigeria.
- Le sous-préfet de Nwa, Esapa Jim Esapa, coordonne leur accueil avec la mairie.
- Cette nouvelle vague migratoire accentue la pression sur une région camerounaise déjà en proie à l’insécurité.






