20 septembre 2026
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Derrière l’annonce officielle du décès d’Abdoulaye Koné, survenu samedi 19 septembre 2026 à l’âge de 91 ans, se dessine un pan entier de l’histoire économique ivoirienne. L’ancien ministre de l’Économie et des Finances, originaire de Tingréla dans le nord du pays, incarne une génération de technocrates qui ont façonné les institutions financières de la Côte d’Ivoire post-indépendance. Son parcours, souvent discret, éclaire les mécanismes profonds qui ont structuré l’administration budgétaire et la coopération monétaire régionale.

Un technicien au cœur des rouages de l’État

Avant de devenir une figure publique, Abdoulaye Koné a bâti sa réputation dans l’ombre des ministères. Directeur du Budget, puis Secrétaire d’État au Budget, il a manipulé les leviers financiers de la nation à une époque où chaque décision budgétaire pesait sur la jeune souveraineté ivoirienne. Ces fonctions, loin des projecteurs, lui ont permis d’acquérir une expertise reconnue sur les équilibres macroéconomiques et la gestion de la dépense publique. Son accession au poste de ministre de l’Économie et des Finances sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny n’était que la conséquence logique d’une carrière dédiée aux chiffres et aux politiques publiques.

Un legs inscrit dans la construction régionale

L’hommage rendu par le président Alassane Ouattara met en lumière un aspect moins connu de son action : son rôle dans la consolidation de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Dans les années qui ont suivi les indépendances, la Côte d’Ivoire a joué un rôle moteur dans l’émergence de cadres de coopération monétaire. Abdoulaye Koné, en tant que haut responsable, a contribué à jeter les bases de cette intégration. Son passage à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) l’a également amené à croiser la route d’Alassane Ouattara, alors jeune cadre. Le chef de l’État ivoirien a d’ailleurs décrit son aîné comme « une véritable source d’inspiration et un soutien indéfectible », révélant l’influence durable qu’il a exercée sur les décideurs économiques de sa génération.

Une mémoire administrative à transmettre

La disparition d’Abdoulaye Koné ne marque pas seulement la fin d’une vie, mais aussi la fin d’une époque où les grands commis de l’État incarnaient la continuité des institutions. De la Direction du Budget aux instances régionales, son itinéraire reflète les mutations de l’économie ivoirienne, entre consolidation nationale et ouverture sous-régionale. Aujourd’hui, alors que les défis économiques se mondialisent, son héritage réside dans les structures qu’il a contribué à bâtir et dans l’exemple d’un service public exigeant. Le président Ouattara a présenté ses condoléances à la famille, saluant la mémoire d’un homme qui a consacré plusieurs décennies à la République.